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Le Blog de Michel

Ballade au fil des idées d'hier et d'aujourd'hui

Coup de blues !

Par hasard, un dimanche soir, je suis tombé sur un documentaire diffusé par FR3 : la vie en Amérique. J’ai toujours été fasciné par l’Amérique, j’y ai vécu un peu plus d’un an, j’y suis retourné souvent, et, avant la cinquantaine j’ai plusieurs fois envisagé de retourner y vivre. Alors, bien sûr, je regarde … et là, c’est une véritable agression.
Mes souvenirs sont restés ceux de l’Amérique de Steve Mc Queen. Ceux de l’Amérique de Lee Roy Nesmith qui, après m’avoir pris en stop près de Vancouver, me proposait « Mon père est trop saoul pour m’aider au travail, veux-tu venir travailler avec moi ? ». Il était venu du Texas avec sa femme et ses cinq gosses dans son pick-up Chevrolet. Je suis resté un mois avec eux, travaillant 12 heures par jour comme assistant poseur de plaques de placo-platre. Plusieurs soirs nous sommes allés chasser l’ours dans les forêts proches de Tacoma. Nous n’en avons jamais vu aucun. C’est tant mieux car Lee-Roy avait un fusil à répétition mais il ne m’avait équipé que d’un énorme couteau, genre « Bowie Knife » que j’aurais été bien incapable d’utiliser.
Et là, dans ce film, c'est l'horreur ! Je découvre une Amérique de pauvres, gras comme des phoques, une Amérique de familles qui ont quitté des lieux pleins de dynamisme et d’activité pour se retirer au fin fond du Kansas ou d’autres brousses dont le seul intérêt est qu’il ne s’y passe rien. Eux aussi sont gras comme des phoques. Les gosses courent autour du terrain de baseball avec la même agilité que s’ils étaient chaussés de bottes de ski. Consternation ! Est-ce que c’est la vie qui attend nos enfants ou nos petits enfants ? Vendredi 28 aout

Pas bien sûr que cela vous intéresse, mais j’avais envie de raconter !

Milou
(L'histoire se passe en 1978)


J’ai vécu le premier quart de ma vie (je suppose que je vivrai jusque 80 ans) au bord des mers froides, Manche et Mer du Nord. C’est peut-être pour cela que je n’ai alors guère pensé à naviguer. Se geler sur une mob ou sur une moto est quand même plus agréable que de recevoir des paquets d’eau de mer dans la figure.
J’avais passé la trentaine quand j’ai fait la connaissance de Milou. Il arborait un look « capitaine Haddock » et s’évertuait à faire fonctionner une école de voile basée à Cavalaire. Un peu par désoeuvrement, j’ai embarqué avec lui pour une ballade de 24 heures qui devait nous mener aux îles de Lérins et retour. Cela nous a finalement pris trois jours car Milou n’avait pas précisé que son Edel III était dépourvu de moteur, ce qui, en Méditerranée, peut multiplier à l’infini la durée des « ballades ».
Je raccourcis … après cela, Cathy, mon épouse, est allée faire un stage chez lui. Puis je lui ai loué des bateaux pour faire des tours de Corse. Bref ! nous sommes restés en contact jusqu’au jour où Milou m’a appelé : « un ami vient d’acheter un Romanée. On projette d’aller faire un tour au Spitzberg. Est-ce que tu veux en être ? »
Cela devait se faire au printemps et malgré tout ce que cela supposait de cirés et de gros pull-over, je lui donnais mon accord de principe sans trop hésiter. Mon seul problème était que je ne pouvais pas partir avec eux de Lorient et que, au mieux, je ne pourrais les rejoindre qu’en Ecosse. Nous avons convenu d’un rendez-vous à Oban. Il était ensuite convenu qu’après une paire de semaines je devrais les abandonner à Tromsoe en Norvège.
Réussir à arriver à Oban est déjà tout un voyage. Avion pour Birmingham, train pour Glasgow, puis tortillard à vapeur jusque la destination finale, cela représentait plus de 24 heures depuis Paris pour un petit millier de kilomètres.
Ce tortillard me fit découvrir une pratique que je ne devais retrouver que quelques années plus tard, en Afrique : « Arrêt buffet ».
En Afrique, le chauffeur arrêtait sa locomotive en pleine savane : « il est parti manger chez sa sœur » nous apprenaient nos compagnons de voyage. Trois heures plus tard le convoi se remettait en branle. En Ecosse s’était beaucoup plus charmant : « tea time » annonçait le chauffeur en arrêtant le convoi (une loco digne d’une BD et 2 wagons à sièges en bois) devant un pub (alors transformé en « tea parlour »). Tout le monde descendait et nous avions le temps de nous faire servir le repas que nous avions manqué quelques heures plus tôt à Glasgow.
Le port de Oban est une vraie merveille. Il a du servir de modèle à Hergé pour « Tintin et l’île noire ». Même dans ma vie Dunkerquoise je n’ai jamais vu autant de mouettes tournoyant autour des bateaux de pêche.
« Ha, te voilà enfin ! » fut l’accueil que me réserva Milou quand, après des heures de recherche, je finis par découvrir le Romanée en triple couple de bateaux de pêche locaux. Milou n’étant pas un individu sans cœur, nous passâmes une soirée mémorable dans un pub du port où il avait passé quelques soirées en m’attendant, la France y était déjà très populaire !
Nous avons ensuite fait, entre l’Ecosse et l’Irlande, quelques jours de navigation sportive avant d’atterrir à Stornoway qui est, d’après mes souvenirs, le plus au nord des ports Ecossais .
Là changement de musique (ou plutôt retour à celle que j’aime). Il n’y a pas âme qui vive le long des quais immenses.
« Attention au marnage » nous indique Roland ( le propriétaire et navigateur du bateau) « ici il est d’au moins trois mètres ». Nous laissons les amarres et les gardes très lâches pour palier cette énorme variation.
Comme partout chez les Grand Bretons, le pub fait office de restaurant et de … pub. Superbe dîner (le cassoulet en boîte avalé quelques heures plus tôt est passé sans laisser de regrets) et la soirée « locale » commence. Quelques autochtones nous posent des questions sur notre « funny little thing ». J’offre une première tournée et c’est parti, ils remettent ça … Milou remet ça (en me disant: paye, on s’arrangera !). Les locaux n’ont rien demandé, mais nous voyons arriver leur tournée. Roland y va à son tour… Je suis incapable de raconter la suite. Un trio joue, depuis le début, une musique d’enfer et nous chantons avec eux en anglais, même Milou qui n’en parle pas un mot.
Il y a longtemps que le pub est fermé, les rideaux sont tirés, mais la pompe à bière fonctionne toujours. Un gars arrive par la porte de derrière, malgré son uniforme de policier, personne ne prête attention à lui. Il nous interpelle : « Hey ! guys ! I think your boat is hang up » (Hé les gars ! je crois que votre bateau est pendu).
J’ai à peine fini de traduire que Milou et Roland se précipitent. A quelques mètres du pub, le Romanée pend lamentablement au bout de ses amarres, collé contre le quai. Roland a simplement confondu mètres et pieds. Ces sacrés anglais utilisent selon leur convenance (et apparemment suivant le hasard) les mètres, les pieds et les phatoms. Là le marnage n’était pas de 9 pieds (3 mètres) mais bien de 9 mètres.
Impossible de remonter à bord pour finir la nuit … Une seule solution : le retour au pub et … surprise ! les trois quart des gars restent avec nous et viendront assister à la remontée « miraculeuse » du bateau avec le flot. Un petit coup de panique pour Roland, un sacré mal de tête pour nous et quelques copains.
Nous nous apprêtions à repartir quand est arrivé un gros chalutier. Il a manœuvré très rapidement pour se coller au quai. Il était immatriculé à Lorient. Aucun autochtone n’étant présent, nous nous apprêtons à attraper ses amarres. « Salut les gras, envoyez !» à crié Milou.
La réponse est laconique « On pose pas, l’ambulance ne va pas tarder, on vous envoie le brancard ». Déjà celui-ci descend au bout d’un filin d’un mat de charge. On s’approche, on le décroche. Le type, dans le coltard, a l’air mal en point. « Qu’est-ce qu’il a ? » « Fracture ouverte d’une jambe, il est sous morphine, on vous le confie ». Déjà le chalutier s’éloigne dans le ronflement de ses gros Diesel. Heureusement l’ambulance arrive et embarque le blessé.
Je m’étonne un peu de la brusquerie des manœuvres, mais Milou clôt rapidement la discussion : « Ils ont déjà perdu au moins deux jours de pêche pour le ramener, c’est dur la vie de pêcheur ! »
Je m’aperçois que j’ai oublié de vous parler des rhododendrons inattendus qui fleurissent dans cet extrême nord de l’Angleterre. Explication : Gulf stream. Reportez vous à votre livre de géographie habituel.
Milou avait dit : « la route qu’on va prendre est celle de toutes les dépressions de l’Atlantique nord. Cela veut dire largue ou grand largue, il faut barrer fin. » On a fait deux jours de près en prenant un paquet de mer dans la figure toutes les minutes.
Puis, plus un souffle d’air en arrivant sur Torshaw, la capitale des îles Féroé. Les dernières heures se font dans le ronronnement du Volvo.
Nous ne renouvellerons pas de sitôt la cure éthylique des Hébrides. La douane monte à bord. Ils ne cherchent qu’une chose : l’alcool. Secoués comme nous sommes, nous leur donnons sans regrets (ce sera pour plus tard) les demi-bouteilles de pastis et de wisky qui nous restaient.
Tard ce soir là, en rentrant d’un excellent dîner chez le consul de France (qui ne parlait que Danois ou Anglais), joliment arrosé par quelques bouteilles de bourgogne extraites de sa cave « diplomatique », il nous fit remarquer quelques types qui titubaient dans la rue, un sac en papier à la main. Le sac contenait une bouteille et le gars en avait probablement d’avantage dans le corps. Toujours incroyable de constater à quel point la prohibition incite à la consommation.
Si vous insistez, je vous raconterais un jour la suite du périple et les abominables moustiques qui peuplent la Norvège en été.

Mardi 23 juin 2009

On finirait presque par s'indigner !

Grands donneurs de leçons et maîtres incontestés de l'édition de livres automobiles, nos cher amis Britanniques ne semblent avoir aucune gène à avouer leurs incompétences, surtout lorsqu'il s'agit d'une histoire autre que la leur. Cela ne les empêche cependant pas de se lancer dans la rédactions d'ouvrages savants … et définitifs.
Témoin, cette étrange correspondance que je viens d'avoir avec un "auteur" britannique.

Cher Monsieur Delannoy:
Je suis en train d'écrire en anglais l'histoire du Marquis Alpine pour un journal américain automobile. Je note que vous avez écrit un livre au sujet de Chappe et Gessalin, qui en ont construit la carrosserie.
Avez-vous des photos anciennes de cette voiture dans vos archives que vous pourriez me permettre d'utiliser?
On m'a mis en contact avec le propriétaire actuel de cette très rare voiture et elle se trouve en état presque parfait. Le propriétaire m'aide avec l'histoire en tant qu'il la connaisse, mais bien sûr je m'intéresse à creuser plus profondément.
Vous connaissez peut-être déjà mon travail puisque vous avez mon livre su sujet des premières voitures turbo Renault dans votre catalogue. Deux livres au sujet des proto sport Alpines seront publiées au mois de février de l'année prochaine (voir adresses internet ci-dessous).
J'attend avec intérêt votre réponse et je vous salue bien cordialement,

Roy P Smith
61 West Hill. Aspley Guise
Milton Keynes . MK178DS . UK
Fax 00 44 (0) 1908587511
Tel 00 44 (0)1908282737
Mobile 00 44 (0) 7775811545
Alpine & Renault Turbo Book is now available http://www.veloce.co.uk/shop/index.php
Also in preparation......Alpine Renault Sports Prototype History due March 2010

Cher Monsieur Smith,
votre courrier me laisse penser que vous connaissez très mal l'histoire de cette marque sur laquelle vous écrivez des livres.
Afin que vous le fassiez désormais d'avantage en connaissance de cause, je ne puis que vous inviter à vous procurer et à lire avec soin:
- C.G. les artisans constructeurs
- Bernard Boyer, du CAP au championnat du Monde
- Jean Rédélé, Monsieur Alpine (de Jean-Luc Fournier)
- Les Alpine monoplaces Tome 1 et Tome 2 (de Jean-Luc Fournier)
- Alpine en compétition de Michel Morelli
Vous pourrez agréablement et utilement compléter ces lectures par:
- Alpine Label bleue de Christian Descombes
- Alpine V6 aux 24 heures du Mans
- Dans les coulisses d'Alpine
- Alpine les secrets de fabrication
et puis surtout (mais ce livre est difficile à trouver) :
- Alpine (de Dominique Pascal)
Espérant que cela vous aidera à savoir un peu mieux de quoi vous parlez, je reste amicalement à votre service.
Michel Delannoy

Lundi juin 2009

Bédouin (au pied du mont Ventoux) dimanche 5 juin 2009.
Je suis là avec quelques caisses de ma librairie, un peu par hasard, un peu par défi. Quelques jours auparavant, Benjamin, un des jeunes assistants de Patrick Peter m’a appelé : « tu n’aurais pas envie de faire un stand de tes livres au Mont Ventoux ? » . Nous en avions parlé quelques mois auparavant à Rétromobile, puis cela m’était sorti de l’esprit. Avec l’age, mon envie de participer à des expositions s’est un peu estompée, mais je résiste rarement à l’envie de participer à une « première ».
Il n’y a que 80 inscrits et il est certain qu’il n’y aura pas de public, mais sur les 80 participants la moitié sont des amis que je tutoie. (il y en aura quelque uns de plus après ce week end).
Pas beaucoup de travail, une série d’averses infernales le samedi, mais tout va bien, pour moi, c’est le rendement d’une bourse ordinaire.
Mais surtout, et c’est bien plus important que le débit de ma machine à cartes bleue, j’ai passé quelques heures sur des nuages à parler avec quelques amis de longue date, mais aussi quelques uns que je connaissais « à peu près » mais que je connais maintenant beaucoup mieux.Il y avait, bien sûr, ceux que je vois régulièrement, Gadal qui malgré les exhortations de sa vieille mère (depuis plus de 30 ans) n’arrête pas de courir, Lecours, qui se gave de livres et de Porsche RSR, Richard Balandras, le fils de mon copain Jean-Claude, que j’ai vu débuter en Formule Ford au milieu des années 80, etc. Il y a ceux que je connaissais peu et avec qui j’ai pu parler longtemps. Et aussi ceux que je ne connaissais pas comme cet anglais, coiffé d’un frêle panama blanc superbe, venu en hélicoptère « just to see the friends » et qui semblait aussi heureux de savoir que Pierre de Thoisy était un de mes amis que si je lui avais annoncé que j’étais un demi-frère du prince Charles.
Quelqu’un m’avait dit « j’ai vu Jean Sage, il n’a pas l’air très bien ». Et j’étais étonné de ne pas le voir. Et il est arrivé le dimanche matin, un peu plus tordu qu’à l’habitude. Il a déplié une petite chaise en toile et s’est installé derrière mon comptoir. Je vous fais grâce du dialogue, Jean est atteint d’un cancer qui l’a immobilisé depuis plus de cinq mois. La semaine prochaine il commence une chimio … bon courage Jean.
Mais, dans ce genre de situation je ne peux m’empêcher de penser en même temps « bon courage les copains ! bon courage Michel ! ». Il y longtemps que plus aucun d’entre nous ne meure de mort violente. Tous ceux qui ont couru dans les années 60 sont des survivants. J’étais heureux d’en être … il y a quelques années. C’est moins évident maintenant.
Jean a acheté le livre de Bernard Boyer « il n’est pas vraiment un ami, mais c’est un type droit, sans compromis, je suis curieux de connaître son interprétation de quelques événements que j’ai vécus. François Chevallier est très admiratif de sa clarté d’analyse ». Il a aussi pris le livre de Jean Luc Fournier sur Jean Rédélé « Je crois que je sais à peu près tout, mais José (Rosinski) me dit qu’il ne faut surtout pas le manquer ».
Nous avons ainsi passé une paire d’heures à passer en revue les gens et les livres qui nous entourent. Peu à peu un petit groupe s’est formé autour de nous, rien que des passionnés et des connaisseurs. Quelques questions ont fusé « Monsieur Sage, quand allez vous écrire tout ce que vous avez vécu ? » « le livre de Boyer ne vous donne-t-il pas envie de donner vous aussi votre témoignage ». Là je me suis senti obligé d’intervenir « il y a encore trop d’acteurs de cette époque en activité … il faut attendre ». Je croise les doigts pour que ta chimio se passe bien cher Jean.
D’évoquer ces souvenirs tout frais me ramène 40 ans en arrière. Chasseur Alpin au 27e BCA à Annecy, je fais rapidement la connaissance d’un petit groupe dont Jean est l’un des animateurs avec Jean-Pierre Hanrioud et Jean-Claude Perret. C’est Jean qui me présente à Bob Wollek pour disputer un rallye de Genève qui restera un des grands moments de ma vie. C’est lui qui, un ans plus tard, me consolera, à Aix les Bains, d’un abandon en vue de l’arrivée de la première étape de la Coupe des Alpes où j’étais en train de réaliser ce qui aurait peut-être été le point culminant d’une carrière désordonnée et un peu au dessus de mes réelles capacités.
Nous resterons ensuite de nombreuses années, sans réellement nous fréquenter, pendant que Jean «s’occupait de la cuisine et des casseroles» (dixit Arnoux dont la vitesse de pointe s’est révélé, par la suite, bien supérieure à l’intelligence). Et puis, une fois venue l’époque des véhicules historiques, et même si la suffisance de Jean m’a parfois agacé, nous avons recommencé à nous revoir plus fréquemment. «Que cela dure» disait la mère de Napoléon..

Mercredi 1er octobre 2008

Les autos de Papa
Mon père avait toujours eu deux voitures, une utilitaire pour son métier de vétérinaire (ce furent des 2cv puis des Aronde) et une pour sa famille et son plaisir (ce furent des Vedette, des Versaille puis une Chevrolet) au début des années 60 il décréta qu’il avait envie d’une voiture anglaise et qu’il pensait à une Triumph 2000.
Le concessionnaire le plus proche était à Aire sur la Lys, à une cinquantaine de kilomètres de Dunkerque où nous résidions. Papa l’appela pour se renseigner et le lendemain Roger Barbara se présenta … au volant de la TR4 avec laquelle il venait de disputer le Tour Auto. Il n’avait pas de 2000 de démonstration mais il sut se montrer convainquant car à l’issue d’une ballade à vitesse de course dans les rues de Dunkerque et dans la campagne environnante (heureux temps !) il repartait avec le bon de commande en poche.
Précisons tout de suite que Papa fut très heureux avec ses Triumph et qu’il en eut plusieurs avant de les abandonner, au milieu des années 70, pour une Jaguar XJ6 avec laquelle il fit une collection de pépins digne de remplir un livre et qui lui fit souvent regretter "l’époque des voitures de Barbara !"
Papa était un champio des chargements héroïques, j'ai gardé ses habitudes. (je vous montrerai quelques autres photos)
Et celles de Maman: La Triumph Herald
En 1965, Roger (avec mon aide) réussi à convaincre Maman que le joli petit cabriolet Hérald qu’il venait de reprendre était exactement la voiture qu’il lui fallait. Maman ne se servait de sa voiture que très occasionnellement aussi n’avais-je pas de difficultés pour la lui emprunter de plus en plus souvent. L’épisode Vespa 400 était prescrit (voir ailleurs) et je n’aimais vraiment pas ma 2cv, seule voiture que j’avais réussi à me payer avec mes travaux d’été après divers avatars avec des véhicules plus attrayant (sauf pour le portefeuille).
Insidieusement et à coup de prétextes divers je réussissais à emprunter de plus en plus souvent le cabriolet de Maman, au point qu’en 66 elle était devenue ma voiture ordinaire, sauf lorsqu’il fallait payer les révisions.
J’eus alors cette idée qui peut sembler bizarre de l’inscrire au Rallye de Picardie. La R8 Gordini 1100 venait de sortir et il y en avait déjà une bonne douzaine inscrite dans la même classe que ma modeste Herald. Le parcours routier était assez difficile et passer dans les temps imposait une attaque permanente. Les freins de l’Herald montrèrent vite leurs limites et l’exercice devenait d’autant plus difficile qu’ayant réalisé des temps au milieu du paquet des R8 dans les premières spéciales, je n’avais aucune intention de baisser la cadence.
Le Rallye de Picardie se termina violement contre un talus, vers 4 heures du matin, peu après la mi-course. Châssis en losange et carrosserie très chiffonnée, la Hérald finit sa carrière dans le champ de casse de Roger Barbara.
Je n’avais alors pas renoncé à mes rêves de carrière de pilote, mais ce fut un sérieux coup de semonce.

Mercredi 27 août 2008

Juste pour répondre à des questions que l'on me pose assez souvent: comment devient-on libraire ? éditeur ? journaliste ? J'ai tenté de retracer de façon brève mon itinéraire, scolaire et universitaire.
Vous raconter cela peut me faire paraître prétentieux à vos yeux … mais j'avais envie de faire le point … surtout pour moi.
On pouvait être un cancre et un élève agité sans être un voyou … du moins il me semble que cela était possible dans les années 50 et 60. Je n’ai envie de dire qu’un mot très bref de mes années de lycée car il me semble que le parcours que j’ai eu ne serait plus possible aujourd’hui. De la sixième au deuxième bac j’ai écumé les lycées de la région Nord (onze en tout). Mes errances ont recoupé plusieurs fois celles d’autres condisciples auxquels une complicité avait fini par me lier. De ceux-ci, seul Dany François est resté, plus de 50 ans après, un ami assez proche. L’age « adulte », et la fin de nos études supérieures, m’a fait perdre le contact avec Philippe Vasseur. Je ne sais pas ce que sont devenus les autres.
Changeant souvent de lycée, il était inévitable que je sois pensionnaire. Ce mot évoque quelque chose d’épouvantable pour beaucoup, pour moi ce fut une belle période qui me fit prendre très tôt mon indépendance.
Si mes études ne furent pas interrompues plus tôt, c’est certainement parce que j’étais toujours un des premiers en français, en philo et en histoire-géo et en versions latines. Ajouté à de bonnes notes en gymnastique, cela a toujours sauvé de justesse ma moyenne mise à mal par un niveau piteux en math, en sciences et … en anglais.
Hazebrouck
Si vous cherchez bien, vous allez trouver Hazebrouck sur une bonne carte de France, je ne sais pas ce que cette bonne ville est devenue, mais je peux vous certifier que pour moi elle fait toujours partie du trou du cul du monde.
Quand je me suis fait renvoyer de "Notre Dame des Dunes" pour des motifs aussi futiles que "chante trop fort à la messe" ou encore "va prendre le petit déjeuner avec les communiants alors qu'il n'a pas communié". Maman s'est beaucoup lamenté, mais papa m'a simplement dit "appelle donc X… (je ne sais plus son nom, mais c'était son confrère d'Hazebrouck) peut-être qu'il pourra te faire admettre au lycée là-bas. Sinon, j'ai aussi un copain à Armentières, mais c'est plus loin".
A seize ans, avec l'aplomb que j'ai toujours eu la chance d'avoir, j'ai appelé X… (sans le connaître) et je lui ai expliqué.
Quelques jours plus tard, je commençais mon deuxième trimestre de première à Hazebrouck. Cinq mois plus tard j'étais reçu à mon premier bac que, faute de place, on m'avait envoyé passer à Armentières et, accessoirement, on m'avait fait savoir que ma réinscrimption n'était nullement souhaitée pour l'année de terminale.
Pourtant j'ai gardé un bon souvenir de ce bled du bout du monde, avec sa Grand place centrale où ne trônait qu'un seul bistrot (le mot n'est pas approprié, on devrait dire lieu de boisson où endroit de rendez-vous), "la taverne" où officiait Elysée (que j'ai reconnu plus tard sous un mélange d'Obélix et du Barde). Nous étions quelques lycéens, avec mon grand copain Poivre, le fils de l'entrepreneur local, à fréquenter cet endroit, où l'on voyait surtout ceux que j'ai retrouvés plus tard dans la chanson de Brel "les bourgeois".
J'ai gardé de ces fréquentations un très grand respect pour ces notaires, grands fonctionnaires locaux et bourgeois généralement bien installés, qui nous appelaient "Monsieur Poivre" ou "Monsieur Delannoy". Il me semble que c'est un trait trop souvent mal connu que cette fraternité dont font preuve les gens en place vis-à-vis de ceux dont ils se disent qu'un jour où l'autre ils vont leur succéder.
Boulogne sur mer
Sur le plan pratique: renvoyé d'Hazebrouck, j'ai réussi à me faire "héberger" au lycée Mariette à Boulogne sur Mer où, en compagnie de celui qui est devenu alors mon copain, Philippe Vasseur (oui, celui qui allait devenir ministre de l'agriculture après avoir manqué une carrière de saxophoniste) nous nous sommes fait proprement étendre au second bac.
Philippe avait, entre autres, répondu à la question d'histoire-géo que Savorgnan de Brazza était "un missionnaire trappiste" car son seul souvenir était celui de la photo d'un type en guenilles.
Je m'étais, pour ma part, borné à répondre que les ressources minières de l'Argentine étaient "autosuffisantes" sans plus de commentaire.
Mais il faut croire que nous avions un grand nombre d'autres lacunes car il n'y a eu ni photo ni repêchage.
Ultime précision sur ces "performances", l'année suivante, nous avons, l'un comme l'autre, obtenu ce second et dernier bac et nous nous sommes retrouvés, sans jamais en avoir parlé entre nous, à l'école de journalisme de Lille.
Ultime détail, nous avions dans notre classe un garçon qui s'appelait "Dieu" (je certifie que c'était son nom de famille), lui n'a pas été reçu au bac et je n'ai aucune idée de ce qu'il est devenu bien que son nom soit souvent cité.
L’école de journalisme
Il m’a semblé tout naturel, une fois le bac en poche, de faire l’école de journalisme de Lille. J’avais, un instant, envisagé des études littéraires, mais l’école de journalisme me semblait une voie plus facile et plus directe car je n’avais aucun doute, je voulais pratiquer à plein temps l’activité que j’exerçais occasionnellement depuis plusieurs années : le journalisme.
En me présentant, pour m’inscrire, je ne doutais de rien. Dans les années 60, il n’y avait en France que deux écoles préparant au métier de journaliste, celle de la rue du Louvre à Paris et celle de « la catho » à Lille. Chacune de ces écoles prenait chaque année une vingtaine d’élèves et il ne suffisait pas de vouloir pou pouvoir s’y inscrire.
Je me rappellerai toujours du directeur des études m’expliquant qu’il fallait d’abord rédiger une lettre d’intention, lettre sur laquelle seraient sélectionnés les 3 ou 400 postulants admis à disputer le concours d’entrée. Il avait dû décourager des dizaines de postulants et il avait l'air de me classer déjà parmi ceux-ci.
Je me souviens à merveille de sa tête quand je suis revenu un quart d’heure plus tard lui remettre en main propre ma lettre écrite dans le couloir, sur un coin de la table du téléscripteur. « Vous donnez l’impression de savoir ce que vous voulez, Monsieur Delannoy ! » avait été son seul commentaire.
Deux mois plus tard je faisais partie de la vingtaine de reçus.

Dimanche 17 août 2008

J'entretiens depuis quelque temps une merveilleuse correspondance avec un de nos clients Japonais qui parle et écrit un Français qui m'émerveille à chaque fois.
Il m'avait plusieurs fois parlé des mini-voitures de course qu'il construit et qu'il fait courir chez lui. Une photo avait excité ma curiosité et je lui avais demandé plus de détails. Il vient de m'envoyer une série de photos et me promet plus d'explications dans peu de temps. Voici pour vous mettre en appétit.


"Bonjour Mr.DELANNOY,
Excusez-moi, mon delay de t'envois pour les information de
course Japon. Je vais t'envoyer plus rapidment possible !!
L'equipe de mon frere qui vient de gagner au Mont Fuji 1000Km
d'Endurance au 15, Aout, 2008 !!!!
la voiture n°171 comme la Porsche 908/3 "look-liked" avec moteur
Honda-Beat 660cc 4cycle 3cylindre construit par notre maison.
Le nombre des participants, 160s de voitures et 900s de pilotes !!!!!
et Il fait trop, trop beau en saison d'Ete en Japon, bien sur
A bientot,
SHin

 
 

Vendredi 8 août 2008

"Maintenant, je sais pourquoi tes échappements font un bruit d'enfer". Février 1970, nous savons que nous vivons la fin d'un monde, mais cela ne nous tracasse guère. Nous avons à peu près tous 25 ans et la vie sera éternelle et il n'y aura chaque jour que du plaisir et des jouissances. Notre petit monde automobile est en plein boom, toujours plus de courses, plus de pilotes et les sponsors qui ont fait leur apparition … l'argent n'est plus un problème. Tout notre cadre de vie est en train de changer.Martine Aubry est déjà née, mais elle n'a encore rien demandé pour nous, aussi, nos semaines de travail sont de 60, 70 heures (peut-être plus car, en fait, aucun d'entre nous n'a jamais compté ?). Il n'y a pas que le monde automobile qui change, la ville de Paris est, elle aussi, en pleine mutation: On va démolir les halles (pour les transférer à Rungis), on fera d'abord un grand trou, puis plus tard un gigantesque centre commercial triste à pleurer.
Il y a un pilote que nous considérions comme une sorte de Mozart du sport automobile, il brûle la chandelle par les deux bouts et s'est dit que l'occasion est trop belle: ces gigantesques bâtiments vides, en plein centre ville, s'offrent à nous, il est temps que la France s'offre ce que les anglais avaient déjà depuis une dizaine d'années : un salon de la voiture de course. Merci Johnny !
Le Mans Classic, vendredi 11 juillet 2008, vers 22 heures. Depuis plus d'une heure, Guillaume et moi nous disons que nous aimerions bien fermer (nous avons ouvert le matin à 8 heures), tous nos voisins, copains ou concurrents ont déjà fermé, parfois depuis plusieurs heures, mais pas moyen, il y a toujours du monde sur notre stand. Un type s'approche et me regarde dans les yeux: "tu ne me reconnais pas !" affirme-t-il. Son visage me dit quelque chose ? Il sent ma perplexité et met sa main en forme de cœur devant sa bouche: "Paul !" pas moyen de s'y tromper maintenant. Il a rasé cette moustache et ce bouc qui le faisaient ressembler à Méphistophélès, mais c'est bien lui ! Paul Devil! Evidement nous tombons dans les bras l'un de l'autre. Nous n'avons pas des milliards de souvenirs en commun, mais un, bien net, la façon dont nous nous souhaitions la bienvenue chaque jour de ce premier salon de la voiture de course. Je ne sais plus comment nous nous quittions le soir, c'était toujours à une heure très tardive dans les fabuleux restaurants du quartier qui n'étaient pas encore devenus un des rendez-vous des bobos et où les repas coûtaient le prix de la cantine universitaire.

J'avais installé la rédaction d'Echappement dans un petit stand. A côté de nous Quagnazzoli et sa femme vendaient les anciens numéros (il n'y en avait pas beaucoup !) et Gérard Lips recevait toutes personnes susceptibles d'apporter son obole au développement de notre merveilleux magazine. Paul Devil faisait partie de ces pionniers qui, non seulement étaient là, mais qui voulaient aussi que cela dure. Il fabriquait des échappements pour la coupe Gordini et pour les Formule France. Nous n'étions pas loin de penser qu'il était assis sur une mine d'or. Il ne nous détrompait pas mais menait la même vie de fauché que nous, choisissant les plats les moins chers au restaurant et buvant, comme nous, lorsque c'était Johnny qui payait les bouteilles.
L'image est encore dans ma tête, un soir où tout le monde avait fait de bonnes affaires, je me suis levé en lui portant un toast " Devil ! tu es le diable ! A toi Méphistophélès ! Maintenant je sais pourquoi tes échappements font un boucan d'enfer !".
Et ce vendredi soir, dans la nuit douce du Mans, le diable est devant moi et tous les deux nous sourions, une sorte d'attroupement s'est formé autour de nous. Bien sûr il y a les quelques copains qui sont avec lui, il y a aussi quelques uns de nos lecteurs habituels que je connais, mais il y a aussi quelques anonymes. Au bout d'un moment l'un d'eux me lance :"espère que vous raconterez cela un jour Monsieur Delannoy". Ami laisse tomber le Monsieur, chez nous il n'y en avait pas, c'était Johnny, Paul et Michel … tu étais déjà avec nous !
"J'ai construit quelques prototypes inspirés des directives que je viens d'exposer. Ils fonctionnent parfaitement, sont d'une incroyable sécurité et d'une solidité à toutes épreuves.
Ils n'ont absolument aucun succès auprès du public."
La mise en page de "mes courses" de Pisart, qui, dans un chapitre, raconte la déconfiture de Gabriel Voisin, m'a donné envie de relire "Mes 1000 et une voitures". Si je vous en cite ici la toute dernière phrase, c'est pour vous donner, à vous aussi, l'envie de relire le récit très partial que cet individu fabuleux donne de sa vie? Ne me le demandez pas, je n'en ai aucun exemplaire en stock.

Mardi 5 août 2008

Des jambes électriques. Cela n'a rien à voir avec les livres, ni avec l'auto, mais il faut que je vous en parle: j'ai découvert la bicyclette à assistance électrique. Nîmes est une ville bien agréable, célèbre pour ses monuments romains. Elle partage avec Rome un autre point commun: elle est bâtie sur sept collines … et j'habite presque en haut de l'une de celles-ci. Il y a quelques années, je descendais volontiers en ville avec mon vélo. Mais au fil du temps, remonter était devenu un petit calvaire … et J'avais renoncé. L'idée du "vélo électrique" me trottait dans la tête depuis quelque temps … mais j'étais sceptique; Il y a quelques semaines, mon frère m'en a fait essayer un. Je suis monté jusque chez moi sans plus d'effort que si j'avais marché tranquillement, je suis redescendu et je l'ai acheté immédiatement. C'est un des meilleurs achats que j'ai fait depuis longtemps. Le vélo, surtout électrique, ne pose qu'un seul problème: les automobilistes, mais je m'accommode mieux de leurs permanentes tentatives d'agression que des heures passées bloqué dans les embouteillages ou à tourner pour chercher une place pas trop interdite.
Roger Labric. Je le connaissais surtout pour son livre "les 24 Heures du Mans 1923-1949" qui se négocie à prix d'or sur le marché de l'occasion. (Surtout, il faut bien le reconnaître, parce qu'il est illustré par Geo Ham. Comptez environ 5 à 600 euros, plus ce n'est pas raisonnable.)
Je sais qu'il a été journaliste, qu'il a piloté en course, disputant entre autres les 24 heures du Mans, qu'il a écrit un petit roman dont je ne retrouve pas la trace et qui doit s'appeler quelque chose comme "Pilote de course". Il a également écrit une dizaine de livres sur l'aviation, mais surtout, il est l'auteur du seul livre écrit sur Robert Benoist, aviateur de la première guerre mondiale, à coup sûr le plus grand champion automobile français de l'entre deux guerres, mort en 1944 en héros de la résistance. Je n'avais jamais trouvé ce livre jusqu'à ce qu'un de nos amis-lecteurs, Francis Lecointe me propose de me prêter le sien. Je croyais Labric plus romancier qu'historien, je dois reconnaître que j'avais tort. J'aimerais pouvoir vous faire profiter de cette découverte en faisant une petite réédition, mais pour cela il faut que je retrouve la trace de Roger Labric et par là de ses héritiers. Toute aide sera la bienvenue.
André Pisart … voilà un nom qui n'évoque pas grand-chose pour la plupart d'entre vous. Après Le Bègue, Benoist, vous allez penser que je suis obsédé par des histoires d'avant ma naissance … c'est peut-être vrai. Je termine ces jours-ci la mise en page d'une réédition de "Mes courses", livre que le Belge Pisart avait écrit et publié à son compte en 1946. Il y a déjà quelques années que sa fille m'avait donné l'autorisation de cette réédition, puis j'avais hésité, me demandant s'il n'avait pas un côté mythomane. Paul Frère m'avait un peu rassuré (à l'époque où nous parlions de la réédition de son "800 heures du Mans"), mais dans la conversation, il m'avait avoué ne l'avoir connu qu'au début des années 50, alors que toute l'histoire se déroule entre 1923 et 1939. C'est finalement Jean-Paul Delsaux qui a levé mes derniers doutes "Ce qu'il raconte me semble vrai, même s'il confond parfois victoire de classe et victoire absolue … mais c'est tellement bien écrit … et toutes façons, sa narration de la déroute de l'automobile européenne au début des années 30 vaut, en quelques pages, toutes les études économiques qui ont pu être écrites sur le sujet".

Mercredi 30 juillet 2008

Puisque nous en étions aux petites phrases, une autre vient de me revenir à l'esprit, elle est de Jack Brabham: "Bouchonner proprement est assez facile, le plus difficile est d'être devant".
A vos souhaits. Cela se passe vers 1980, à New York. J'avais découvert, l'année précédente, lors de la "Baja California" les maillots de bain en toile, intermédiaires entre le short et l'horrible "moule-bite". Je m'étais mis en tête d'en importer en France. Parmi diverses possibilités, je m'étais arrêté sur la marque Californienne "Laguna". Par commodité, nous nous étions donné rendez-vous à leur Show-room sur la 6ème avenue à New York.
Surprise, dans un gigantesque embouteillage dans l'un des terminaux de Kennedy Airport, au milieu de milliers de personnes cherchant leurs valises, je tombe nez à nez avec "l'oncle Albert". Lui avait non seulement perdu ses valises, mais aussi sa femme et sa nièce (en l'occurrence ma belle-mère). Il pensait parler une langue très utile à New York, le Yiddish, mais là personne ne le comprenait. Quelques heures plus tard nous avions retrouvé ses valises (moi je n'en avais pas, j'avais l'habitude de tout acheter en arrivant) je le mis dans un Yellow cab, direction le "Pierre" où (je l'avais vérifié par téléphone) sa femme et sa nièce l'attendaient.
Logeant, pour ma part, dans un hôtel beaucoup moins huppé, j'avais promis d'aller le chercher le lendemain pour faire la tournée des fournisseurs avec moi. En fait "Tonton", (c'est comme cela que je l'appelais, bien qu'il ne soit en fait que le Tonton de ma belle-mère) même s'il avait déjà beaucoup voyagé, depuis 50 ans, n'était jamais venu à New York.
Une de ses premières surprises fut de découvrir des restaurants "delicatessen" aussi bien fournis que les meilleures adresses de la rue des Rosiers. Moins d'une heure après le petit déjeuner, avant même mon premier rendez-vous, il a fallu que nous y fassions un premier repas.
Chez "Laguna" au 48 ème (environ) étage d'une tour de la 6ème Avenue, nous fumes reçus par le Vice-Président de la compagnie qui, à la mode américaine , nous salua en déclinant son nom "Abe Fenster". En éclatant de rire, Tonton lui tendit la main en lançant: "Abe Gesint" (comment ça va ?). Et tous deux se mirent à pleurer de rire tandis qu'il me fallut un bon moment pour comprendre.
En fait, leur tentative de conversation en Yiddish fut assez laborieuse et je dus souvent m'en mêler pour faire l'interprète, mais le contrat Laguna fut conclu et nous vendîmes cette année là quelques milliers de maillots, avant que les effets conjugués de la remontée du dollar et des copies de la concurrence ne nous contraigne à chercher d'autres articles.
J'ai ensuite traîné "Tonton" chez divers autres fournisseurs (avec plusieurs haltes dans des "delicatessen") avant qu'il ne demande grâce en me disant "on continuera à Paris" quand je lui ai annoncé (vers 6 heures du soir), que j'avais encore une demie douzaine de rendez-vous, le dernier étant vers 23 heures. L'idée des 35 heures ne serait, à coup sûr, jamais venue à un New Yorkais.
Tonton m'a souvent reparlé de cette mémorable journée, en me répétant chaque fois qu'il m'avait alors pris pour un fou furieu.
Il ne m'en reparlera plus, nous l'avons enterré hier au cimetière de Bagneux. A 95 ans il avait bien rempli sa vie. Adieu Tonton.

Samedi 19 juillet

Une brève histoire d'amour. Cela ne se raconte guère dans le milieu automobile, mais pourtant tout n'est pas fait que de sortie de route, de casse ou de victoire triomphante. Mon ami Christian Courtel m'ayant gentiment mis en cause dans un article il y a quelques mois, je me sens obligé, même si cela ne vous intéresse pas, de vous donner quelques détails sur un petit morceau de ce que fut ma vie sentimentale à une époque où je remuais dans le milieu du sport automobile et journalistique.
Nous avions tous les deux 25 ans et nous ne vivions que pour la course. Elle s'était mis en tête de vivre en pilote professionnelle, j'avais, de mon coté, déjà mesuré mes insuffisances à ce niveau. Malgré ses ambitions, elle avait jugé plus sage de confier le volant mis à sa disposition par Alfa Romeo à Bob Wollek, se contentant d'un rôle d'équipière. C'est beaucoup plus de trente ans plus tard que je me décidais à lui demander pourquoi. Sa réponse fut directe, en rougissant comme une jeune fille qu'elle n'a pas longtemps été : "parce que j'étais amoureuse".

Pour faire simple (l'histoire a été mal racontée par Jean François Jacob dans "Coupe des Alpes"), la 911R (en proie à des problèmes d'allumages) que pilotait Michel Martinache et la GTA que pilotait (en sens inverse de la course) Bob Wollek se sont légèrement "frottées" se retrouvant toutes deux hors d'usage. Christine et moi avons d'abord été fort tristes de nous retrouver ainsi au bord de la route du col d'Allos. Sans réellement nous concerter, nous avons bouclé nos sacs et nous nous sommes fait adopter par un automobiliste de passage … direction Marseille. Nous avons récupéré la voiture de Christine et nous sommes partis pour la Belgique où d'autres voitures et d'autres courses l'attendaient. N'ayant de mon côté aucun lien ni aucune obligation pressante, je l'ai suivi de Zolder à Huy, puis une autre course de côte dont j'ai oublié le nom. Nous sommes ensuite allés à Francorchamps où j'ai commis une erreur que je n'ai réalisée que longtemps après coup : Je lui ai passé un panneau lui signalant quelle n'allait pas assez vite. La magie était rompue.
Je suis rentré en France en lui laissant GTA, le bassé artésien que nous avions adopté ensemble. Nous ne nous sommes revu que quelques années plus tard, Christine vivait le grand amour avec mon ami Roger Dubos. Je ne suis pas allé à l'enterrement de Roger (trop d'amis sont morts et je n'en ai enterré aucun). Elle a redébarqué chez nous, au Touquet, quelques années plus tard : elle faisait la tournée des plages Inaltera et vivait avec son rêve d'adolescente: Vic Elford. Nous avons fait une grande fête chez Fred Harrewyn. Christine m'a confié que Vic (dont j'avais écrit les mémoires quelques années auparavant) lui avait fait part de son inquiétude sur ma santé mentale. J'avais simplement répondu à Vic "dont worry, I'am still in love" (te fais pas de soucis, je suis toujours amoureux).
Je ne raconte pas la suite, elle remonte à trente ans et c'est trop frais.
Retour rapide (enfin ! pas vraiment). Lorsque je montais à Nancy pour les bouclages d'Echappement, je le faisais généralement en train. Il n'y avait pas d'autoroute et on ne pouvait pas qualifier la nationale de "route rapide". (Les performances dont est crédité Jean Bugatti dans "A cent à l"heure à travers la Sahara" sur le parcours "Molshein-Maxim's" me laissent toujours rêveur). Ayant terminé le bouclage un peu plus tôt que prévu, je renonçais à la nuit prometteuse qui m'attendait pour accepter l'offre de Michel de rentrer avec lui dans la R8Gordini d'occasion dont il venait de faire l'acquisition: "en trois heures on est à Paris !".
Impeccable jusque Crépy en Valois. Heureuse (ou malheureuse) époque où même dans les traversées de ville et de village la vitesse n'était pas réglementée. Le rêve a pris fin dans un "boom" assez discret, l'embiellage venait de traverser le carter. Il devait être 18 ou 19 heures. Le temps de trouver à nous faire remorquer jusque Crépy, 20 heures avaient sonné à l'église du village. Content de trouver un restaurant ouvert, malgré l'heure tardive, nous nous mettons à téléphoner pour trouver quelqu'un pour venir nous chercher (nous sommes à moins de 80 kms de Paris. Ma NSU est chez Mezznarie au sud de Paris. Jeff Lehalle n'a pas d'auto. Nous n'avons pas confiance dans la vieille Simca 1000 de Jean Lerust, mais nous nous apercevons finalement qu'il n'a pas le téléphone. Après dix tentatives nous réussissons à trouver Gérad Lips, il nous apprend que sa Fiat 600 est en panne à l'autre bout de Paris.
En desespoir de cause, Michel appelle celui qui n'est alors qu'un modeste journaliste à TF1 et ne deviendra une vedette que quelques années plus tard, mais Stéphane Collaro lui avoue qu'il n'a jamais eu d'auto, ne roulant qu'avec des voitures de presse .. et justement, là, il n'en a pas.
Après une quinzaine d'appels, nous avons du nous rendre à l'évidence: il ne nous restait plus qu'à passer la nuit à Crépy en Valois, puis à prendre le lendemain matin un bus qui nous amena à je ne sais plus quelle gare. Un peu avant midi nous débarquions à la gare du Nord. Moins de 24 heures pour le parcours Nancy-Paris … pas mal.

Vendredi 18 juillet 2008

Au royaume des petites phrases. Bernard Boyer est venu aujourd'hui faire un dernier contrôle de la maquette de son livre avant que nous le donnions à l'imprimerie. Je connais depuis longtemps son coté tatillon et j'y suis rodé, mais, à chaque fois je me dis que je comprend bien ceux qui n'ont pas voulu quitter Matra à Velizy pour le suivre au Castellet.
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer quelques unes de ses phrases: "la récompense la plus stupide dans une course d'endurance, c'est le record du tour", ou encore "le second est le premier perdant". Du coup, en déjeunant nous avons joué aux "petites phrases": à Willy Mairesse on attribut "il ne faut jamais lever le pied en arrivant à fond sur un dos d'âne … il se pourrait très bien que la route aille tout droit derrière". A un anonyme anglais (en fait je n'ai pas retrouvé son nom) "Il est très facile de se faire une petite fortune en sport automobile … il suffit de débuter avec une grosse".
Hier, je citais à un ami (et néanmoins client) qui me disait vouloir vendre son Alfa GTA, qu'il ne trouve pas assez puissante, cette merveilleuse déclaration d'amour signée Jean Rolland "La GTA c'est une pute … toujours en train de dandiner du cul".
De Graham Hill qui à la fin d'un dîner, dont il était l'invité d'honneur, arrache une roue de la petite monoplace en sucre qui couronnait le gâteau et la jette au loin "Oh ! damned ! it is a Lotus" (oh ! mon Dieu ! c'est une Lotus).
Si vous avez d'autres phrases, je suis preneur.
Vive les riches (part two). La scène se passe ce dernier week-end au Mans Classic: un monsieur très "Neuilly", cheveux argentés et bouclés (mais pas très abondants), soigneusement tirés en arrière, chemise Ralph Laureen (oui ! le collectionneur de voitures), pull Cashmere léger sur les épaules, feuillette divers livres et s'arrête finalement sur l'un des tous derniers exemplaires qui nous reste de la réédition du "Archives d'un passionné 1960-1969" de Michel Bollée. En levant le menton il me demande: "Combien ? ". Je lui confirme que le prix est bien de 35 euros comme il est marqué sur l'exemplaire de demo qui coiffe la maigre pile. "je vous en offre 30". C'est le genre de comportement qui me fait virer au rouge. "Quelle ristourne avez-vous obtenu sur le plein de votre Ferrari ?" – "Je n'ai pas de Ferrari" – "Alors on laisse entrer ici tous les habitués des restaus du cœur". Bien sûr j'ai manqué la vente mais il faut bien se faire de temps en temps quelques petits plaisirs quand on aligne les journées de 12 à 15 heures dans le bruit, la poussière et des sollicitations permanentes. Heureusement il y a un grand maximum de clients super sympa. C'est pour eux que nous bossons de 8 heures du matin à 2 heures du lendemain. Et tant pis pour Mister "Ass Hole" !
J'ai pas vu le ministre. Nous avons la chance extraordinaire d'avoir un premier ministre amoureux des voitures de course. A ce que j'en sais il y avait eu pléthore de mécènes pour lui proposer un volant. Il semble qu'il avait porté son choix sur deux voitures plutôt raisonnables, à la portée d'un gentleman-driver (tous ne sont pas raisonnables … je ne citerai pas de nom). Mais il semble qu'il ne soit pas venu, l'ambiance n'est pas à la rigolade dans le monde politique. Dommage ! Je suis loin d'adhérer à toutes vos idées, mais vous m'êtes sympathiques, sachez le, Monsieur Fillon. (J'ai failli écrire "cher François").

Mercredi 16 juillet 2008

Nous sommes parti mercredi dernier, au début de l'après-midi, pour "Le Mans Classic", et je viens de réaliser aujourd'hui que le message que j'avais enregistré sur le répondeur n'a pas fonctionné. … 1000 excuses à ceux qui ont tenté en vain de nous joindre. Je dois reconnaître que je suis de plus en plus souvent dépassé par la technique … dur, dur !

Le Mans Classic. Patrick Peter peut légitimement être fier des réussites de ses organisations (que j'avoue ne pas connaître toutes). S'il ne faut qu'un élément pour symboliser la réussite du Mans Classic, j'en citerais un, dont on ne parle pas souvent: dans l'heure qui a suivi la remise des prix, nous avons assisté (par les oreilles car nous étions trop occupés à vendre nos livres) au décollage d'une dizaine de jets privés et nous n'avons pas compté les hélicoptères ! Merci les riches ! Grâce à vous des dizaines de milliers d'amoureux de la voiture de course ont pu, pendant trois jours, se remplir les yeux et les oreilles … et faire un stock de rêves en se disant que, tous comptes faits, ils seraient sûrement capable de faire aussi bien que quelques "maladroits" qui descendent tous leurs rapports avant même de commencer à freiner … et de manquer le point de corde. Heureusement, nombre de "riches" s'offrent les services de vrais pilotes, et les voir à l'œuvre avec des voitures pas toujours dociles est un vrai régal. Merci Ayari ! je cite Soheil parce que c'est un ami et que je l'ai vu faire, mais il y en a bien d'autres et même beaucoup d'entre eux sont des amateurs "éclairés".
Le coté frustrant mais merveilleux de cette épreuve est qu'elle n'a lieu que tout les deux ans, faites une croix sur le début juillet 2010 de votre agenda, vous ne le regretterez pas.
Connaissiez-vous René Le Bègue ? Vous allez presque tous répondre non. Je dois vous avouer que ce nom m'était vaguement connu, mais j'avais un peu hésité avant de répondre positivement à l'offre de Rémi Paolozzi. J'aime les défis, mais je ne suis pas joueur, aussi n'ai-je imprimé que 100 exemplaires de son livre. Je crois que je vais le regretter sous peu … mais tant pis j'en réimprimerais 100 autres. Merci aux réactions enthousiastes de Michel Bollée, de Dominique Pascal et de quelques lecteurs dont les noms ne vous diraient rien. Il est sûr que cela me donne envie de continuer à ouvrir des portes de l'histoire de la course automobile. J'ai sous le coude les souvenirs de André Pisard (pourquoi n'y avait-il pas de Chenard et Walker au Mans Classic ?) Je rêve de rééditer le livre que Roger Labric à consacré à Robert Benoist. Qui écrira un livre sur Guy Moll ? Et surtout qui comblera ce vide injuste sur celui qui fut l'idole de mon enfance: Jean Behra ? (Surtout que ce ne soit pas le pignouf qui a pondu cette immondice sur De Graffenried !).
Grandeur et misères des moteurs de moto. Ceux d'entre vous qui connaissent mon bureau savent que, face à une couverture géante de "La nouvelle de ma mort était très exagérée" livre-BD de Fenouil auquel je vous une admiration sans bornes (par ailleurs un parfait bide d'édition), trône une grande photo de mon buggy monoplace à moteur Yamaha 1100. Avec Dominique Sauvêtre et Patrick Schall, nous nous étions fait construire 3 de ces engins par Strakit pour disputer le Paris-Dakar. Comme mise en train, nous avons participé au Rallye de Tunisie 1981 qu'organisait notre ami Fenouil. Nos engins se sont montrés nettement plus rapides que tous les 4x4 traditionnels. Mais avant la troisième étape, nous étions tous les trois out avec une liste de pépins interminable. Il faut croire que j'étais le plus fou car, quelques mois plus tard je suis reparti pour le Paris-Dakar. Très logiquement j'ai du abandonner, dans le Tanezrouf avant le premier tiers de la course. Grandeurs et misères des pionniers dont les idées sont bien au dessus de leurs capacités techniques et de leurs moyens financiers.
Un de ces jours je vous reparlerai de mon ami Yves Sunhill, un autre grand rêveur devant l'éternel.
J'allais oublier que je vous raconte tout cela parce que je suis en train de galérer avec le texte d'un livre anglais dont j'ai acheté les droits de reproduction "construire une voiture de course, monoplace ou prototype, à moteur de moto". Le type qui a écrit cela a déjà construit trois voitures, mais il semble ne jamais avoir lu un règlement de course… Vous êtes déjà un certain nombre à l'attendre. On en reparlera. !

Vendredi 4 juillet 2008

Vous allez être nombreux sur les routes dans les jours qui viennent. Cela fera d'autant moins de lecteurs pour ce petit mot d'information et d'humeur … mais tant pis !

Tout d'abord, les surprises de la lecture:
"Nos joies terribles Ferrari" est sous-titré "Les bolides de route 1947-1994, Tome 1". Ce livre écrit par Maxyme Hubner et publié par ETAI cache en fait une bonne surprise sous un titre bien inutilement racoleur. La présentation voiture par voiture est bien faite, claire et simple sans être simpliste. Les photos sont très belles, même si elles ne sont pas d'époque et proviennent de divers concours d'élégance. Les fiches techniques disent l'essentiel et les anecdotes très "pipol" rendent la lecture distrayante. Cet ouvrage n'apprendra pas grand chose aux connaisseurs, mais il ouvrira les yeux des "moins spécialistes" … dont j'avoue faire partie. Le prix de 45 euros est très acceptable.
"L'année Automobile 2008/09". Pour l'instant je n'ai reçu que la plaquette de présentation. Je vous en livre l'essentiel: "300 pages, 600 illustration, format 235x310. Disponible fin novembre". Vous pourrez voir la couverture que nous présentons dans la rubrique "Les livres à paraître". L'éditeur persiste dans un style qui, à mon avis, s'éloigne de plus en plus de la revue qui a fait nos délices depuis un demi siècle. C'est son problème, mais je parle tous les jours avec de nombreux clients et je sais que je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment.
"Bernard Boyer". Guillaume est en train de mettre la dernière main à la mise en page du livre que j'ai écrit avec Bernard Boyer. Nous prévoyons sa sortie pour la fin du mois d'août. Il fera environ 160 pages et sera monté sous couverture cartonnée. Son prix devrait être de 25 euros. Je suis certain que quelques déclarations de Bernard vont faire grincer pas mal de dents.
Les Coupes de l'Age d'Or. Nous y exposons nos livres depuis maintenant une dizaine d'années et nous ne pouvons qu'être tristes de vivre la dégringolade de cette épreuve qui ne se remet décidément pas d'avoir du quitter Montlhéry. Aussi beau que soit le circuit de Dijon, il ne sait pas faire revivre la magie de l'anneau. Pour l'instant je ne dirai rien des organisateurs sinon qu'ils semblent infiniment plus proches des concurrents Anglais, qui formaient l'essentiel des plateaux, que des quelques concurrents Français ou des clubs de marque dont beaucoup brillaient par leur maigreur ou leur absence.

Jeudi 3 juillet 2008

La vie serait trop belle et trop simple si l'on réussissait à faire et à écrire chaque jour tout ce que l'on a en tête … Alors, on ne le fait que le jour où l'on trouve le courage et la disponibilité intellectuelle. Pour tenter de simplifier le problème, j'ai décidé de vous proposer au jour le jour … ou à peu près, ce que l'humeur, la résurgence des souvenirs, me dictent, bien souvent en vrac.
Bernard Mordacq
La fréquentation du garage de Roger Barbara me fit rapidement faire, en 1965, la connaissance de Bernard Mordacq et tout d’abord de ce qui restait de sa TR4 après un rallye, le Flandre-Hainault je crois !
Le choc avec le talus avait du être rude car la voiture était complètement « en banane » et les roues arrières ne touchaient plus le sol quand la voiture était posée sur les roues avant et le milieu du châssis.
L’équipier avait besoin de disposer d’un compteur kilométrique précis et facile à consulter. La grande classe était d’avoir un Tripmaster Halda. Mais en course il y a toujours moyen de dépenser son argent autrement et Bernard avait tourné le problème en vissant sur le couvercle de la boîte à gant, à porté des yeux de son équipier Bobby Blarel, le compteur de vitesse et de kilomètres habituellement disposé devant le conducteur.
Pour boucher le rond laissé béant devant lui, Bernard avait simplement découpé un carton sur lequel il avait marqué « lève pas le pied ! Passe à fond ! ça passe ! ».
Je repense à cela 40 ans plus tard et je me dis que cela résume parfaitement le personnage, son courage et son optimisme quelle que soit la situation.
Quelques années plus tard Bernard me dira simplement « on devrait faire un magazine pour nos courses. tu l’écris et je l’imprime » . Ce sera la naissance d’AutoRacing et le début des années les plus folles que j’ai vécu.
C’est pas moi !
Je suis régulièrement surpris lorsque je parle avec des pilotes de rallye VH. Ils ne semblent pas réaliser à quel point il était difficile de simplement passer dans les temps sur les parcours routiers des années 60. D’abord ils ne sont pas très nombreux à utiliser des voitures des années 60 et toutes sont améliorés par des composants modernes, pneus, frein etc …
L’histoire qui suit m’a été racontée par Bobby Blarel. pharmacien Isbergues, Robert, dit Bobby, était l’équipier attitré de Bernard Mordacq sous le pseudonyme de « Trebor ». En 66, Mordacq s’était laissé tenter par une berlinnette Alpine équipée d’un moteur Gordini 1100. Disons le tout de suite, la frêle berlinnette résista très mal aux traitements énergiques de Bernard, habitué qu'il était aux rustiques et robustes TR.
Le rallye du Limousin était alors l’un des grands rallyes français et tous les ténors étaient présents. Le belge Eddy Meert s’y rendit célèbre en gagnant au volant de sa Porsche 904 avec laquelle il avait été obligé de conduire penché par la portière ouverte lors des pires moments de brouillard.
Et du brouillard, il y en avait sur les petites routes du Limousin. La menace des pénalisations routières ne laissait aux concurrents aucun répit.
Cerise sur le gâteau, les contrôles horaires étaient généralement installés dans des cafés ou des maisons, rarement tout au bord de la route. L’équipier devait jaillir de la voiture à peine arrêtée, sprinter jusqu’à la table du contrôleur, faire pointer son carnet et resprinter jusqu’à sa voiture où, premier rapport engagé, le pilote l’attendait prêt à bondir avant même que la portière soit refermée.
Donc Bobby se précipite, pointe à la volée, manque de se casser la figure en sortant et se jette dans la voiture en hurlant « va y ! »
La voiture démarre en faisant crisser ses pneus. Bobby cherche son carnet de note … il ne reconnaît pas son environnement habituel … il regarde le pilote, ce n’est pas Bernard.
De surprise, il est incapable de trouver ses mots. « Tout ce que j’ai trouvé faire, c’est de hurler : c’est pas moi ».
Le gars le regarde et pile sur place. Bobby gicle de son siège et commence à courir, plus de cent mètres ont été parcourus. En chemin il croise l’équipier de l’autre voiture qui sprinte dans l’autre sens.
En se jetant dans l’Alpine il rit tellement que cela déclanche le même fou rire chez Bernard.
« J’avais simplement confondu une Spitfire blanche avec notre Alpine, blanche elle aussi. On était passé dans la minute, mais on riait tellement qu’on a ramassé 2 minutes au contrôle suivant ».
Michel Martinache
Rétromobile. Février 2007. Avec Guillaume nous sommes fébrilement en train d’installer ce salon qui pour nous, vendeurs de livres, est le plus gros point de rencontre de l’année avec les clients et avec les auteurs. Mon portable vibre dans la poche de ma chemise. Je me suis mis tout doucement à détester cet engin qui a le droit de me déranger n’importe quand. J’ai pourtant fait parti des imbéciles qui se sont encombrés d’un Radiocom 2000 pesant une paire de kg, j’ai accueilli avec soulagement l’arrivée en France du GSM que je voyais fonctionner depuis des années en Angleterre où je passais beaucoup de temps. Maintenant j’abandonne volontiers mon portable sans l’allumer et je n’en consulte jamais la messagerie ;
Bref ! Là nous sommes sur un salon, il n’y a personne au bureau et nos portables sont le seul lien avec nos clients et fournisseurs.
C’est pourtant à contrecoeur que je décroche. A l’autre bout une voix que je mets un moment à identifier : « Le Palmier ? c’est toi Michel ? j’étais pas très sûr ! Je viens à Rétromobile vendredi prochain … » . Mon copain Michel Martinache … il y a plus de 10 ans que ne l’ai pas vu. Encore une fois je maudis mon manque de présence en amitié. Une réflexion et un reproche que je me ferai encore souvent tout au long de cette dizaine de jours de salon où ils seront des dizaines à passer sur mon stand, réveillant ou ranimant des milliers de souvenirs et d’histoires.
Huit jours après cet appel j’ai passé quelques heures fantastiques avec mon copain Michel, que je suis allé attendre à la porte avec un pass d’exposant. Nous nous trouvions très jeunes, même s’il m’a rappelé qu’il a 76 ans et moi 63.
Il était temps pour moi de me décider à mettre tout cela sur papier.

Vendredi 25 avril 2008

Souvenir de 1968
Je viens de recevoir "1968 une année de sport automobile en France" réalisé par Christian Courtel que je me décide à prendre la plume pour vous proposer quelques petits compléments qui me paraissent intéressants. Je comprends très bien qu'il n'était pas possible que Christian raconte tout … et je n'y prétends pas non plus. Voici donc simplement quelques anecdotes qui me sont revenues au fil des pages de cette véritable boîte à souvenir.
Le 82 rue Saint Georges
C'était en fait un immense appartement d'au moins une douzaine de pièces. Michel y vivait avec sa femme et sa belle sœur, mais il y avait aussi les "bureaux" d'Echappement et de diverses autres activités commerciales dans lesquelles Michel se démenait pour "faire bouillir la marmite". Jusqu'au milieu de l'année 70, bien après l'installation dans les bureaux de la rue Fontaine à Paris, Jeff Lehalle et moi venions y passer environ une semaine chaque mois pour faire la maquette et suivre l'impression du magazine qui était composé et imprimé chez Berger Levrault à Nancy. Je n'ai plus aucun souvenir de la façon dont s'organisait ce que l'on peut appeler "la vie ordinaire" (manger, dormir) car je ne me rappelle que d'une ruche bourdonnante au moins 18 heures par jour, rythmée par les disques qu'apportait un nommé Berthon qui réalisait pour Michel un magazine dont il me semble me souvenir que le titre était "Disco revue". L'un de nos titres favoris était "la mort d'Orion" de Gérard Manset, on le passait en boucle, en alternance avec les Doors (que Michel n'aimait pas).
Virage Auto
Christian cite les noms des magazines automobiles alors en place sur le plan national, il en oublie un auquel je voudrais rendre hommage: Virage Auto, que portaient à bout de bras Jean-Thieffry et sa femme, avait un ton tout à fait particulier et il mérite que l'on s'en souvienne. Un jeune journaliste-ingénieur, déjà très bavard, y faisait ses débuts, c'était Gilles Dupré.
Adolphe Conrath
Un homme était omniprésent dans les courses du milieu des années 60 jusqu’aux années 80. Adolphe était capable d’être présent sur un rallye le samedi, de faire en plus des photos dans la nuit, puis d’être à Montlhéry ou à une course de côte le dimanche.
L’horloger de Nancy faisait des photos de tout de monde lors des contrôles, puis des épreuves spéciales ou lors des courses en piste, ensuite il vendait ses photos à chacun des concurrents. Tout le monde connaissait Adolphe et Adolphe connaissait tout le monde. Il acceptait de bonne grâce les plaisanteries que son inlassable patience, son omniprésence et son comportement toujours affairé ne manquaient jamais de susciter.
Adolphe était un connaisseur qui savait rapidement se faire une opinion sur le pilotage de ceux qu’il photographiait. Jeune journaliste, il m’est arrivé plus d’une fois de lui demander son avis sur tel ou tel pilote. Je ne l’ai jamais entendu émettre un jugement méchant, mais il n’hésitait pas à faire part de son admiration quand quelqu’un l’avait impressionné. Son coup d’œil valait sans problème un chronomètre.
Une autre caractéristique de Conrath était qu’il n’hésitait pas à se placer dans des endroits rapides, où il était plus difficile de faire des photos, ou à des emplacements parfois dangereux. En cela les photos Conrath sont souvent très faciles à distinguer de celles de ses concurrents comme le niçois Sejnost « photo junior » ou le manceau « photo actualité ».
Lors d’un « Andernacht-Nurburgring-St Amant » que je courrais avec Roger Barbara nous disputions la course de côte de Spa-Barisart dans un brouillard se déplaçant par nappe. J’annonce à Roger « 100 mètres, large épingle à G … » Roger tarde, à mon goût, à freiner, je répète « Epingle Gauche ». Trop tard, le virage est là. Le freinage du proto TR5 n’est pas son point fort. Roger s’arqueboute sur la pédale, mais il n’a pas d’autre choix que d’enfiler le minuscule échappatoire. Horreur ! Adolphe est là ! Droit devant. Son flash claque et il se jette sur le coté. Sa lourde sacoche de photographe est, elle, restée sur la route. Boum … boum, on roule dessus. Roger met la marche arrière dans un grand craquement et boum … boum on repasse sur la sacoche. Doit y avoir des dégâts là dedans ! Adolphe s'est relevé et nous encourage à repartir.
Une douzaine d’heures plus tard, nous sommes tous en train de déjeuner au SportHotel, sur le Nurburgring, lorsque Adolphe arrive. Roger va vers lui, un peu embêté. « je suis désolé pour ton matériel … » Adolphe l’arrête d’un geste : « pas de problème … pour le matériel je suis assuré … mais pas pour le cuir … c’est bien si on peu s’arranger pour la sacoche ? » Tout à fait Adolphe, seigneur qui ne profite pas d’une situation, mais garde les pieds solidement ancrés sur terre.
Porsche 911R
Un petit pincement au cœur quand je découvre Fernand Schligler, nez dans le guidon, au volant de la Porsche 911R que lui rachètera l'année suivante mon copain Michel Martinache. Cette voiture fantastique nous vaudra des souvenirs fabuleux. Lorsqu'il la revendra deux ans plus tard à Gedehem, Michel gardera une grande amertume de la façon dont s'est passé la transaction "Tu te rends compte, c'est un gamin qui ne travaille pas et il me prend même pas la peine de venir lui-même la chercher, il m'envoie un arpette (C'était Vincent Laverne) avec un chèque de 40.000 francs à la main".
Robby Barret
Je l'avais un peu oublié, mais j'ai été content de le retrouver au fil des pages. Garagiste, concessionnaire Porsche, Robert (que tout le monde appelait Robby, ce qui le flattait beaucoup) était très content de son personnage de pilote automobile. Il s'était fait faire des portraits par le studio Harcourt (celui qu'utilisaient toutes les stars de cinéma de l'époque) et il les distribuait généreusement. J'ai gardé un vif souvenir de son portrait trônant au dessus du bar de l'hôtel du lac des Corbeau à La Bresse. C'était le lieu de rassemblement de tous les pilotes en reconnaissance du rallye de Lorraine.
Les circuits improvisés
Ce n'était pas une règle absolue, mais à peu près chaque rallye avait son épreuve en circuit. Il y avait bien sûr les permanents (ou à peu près) Reims, Clermont-Ferrand, Rouen, mais aussi un grand nombre de pistes tracées à coup de balles de paille ou de vieux tonneaux ou pneus sur d'anciens aérodromes de la guerre, Nergies, Clastres, Merville, Chambley et bien d'autres dont les noms ne me reviennent pas.
De Paix de Cœur
C'était un personnage sortant des normes pour diverses raisons. La première était que, concessionnaire de la marque, il ne conduisait que des Opel alors que ce n'était guère à la mode. Pilote rapide, il conduisait toujours en costume trois pièces avec cravate, (ce que l'on ne voit malheureusement pas sur la photo publiée), son équipier Lefebvre (que l'on a aussi vu avec Jacques Cheinisse) naviguait toujours à la carte d'état major, ce qui tenait lieu de notes virage par virage. C'est grâce à ses cartes d'état major que Lefebvre guidera De Paix de Cœur sur des routes évitant des congères lors des fameuses Routes du Nord 1969 où il amènera une des seules voitures de tourisme à l'arrivée.
Couvre-chef
La double page consacrée aux casques est un véritable délice de "tout et n'importe quoi", la seule règle étant qu'il fallait un casque. Celui que j'utilisais était en liège et datait de l'époque du scooter. J'ai découvert, quelques années plus tard, que René Trautman faisait installer derrière son siège un filet dans lequel il basculait son casque dès qu'il avait enclenché la troisième. Inutile de parler des ceintures de sécurité (c'est quoi ?).
Martine Benit
Quel plaisir de retrouver la petite Martine. Devenue plus tard Martine Daprey en épousant Gérard le maquettiste d'Echappement, elle avait rejoint notre équipe dont elle fut pendant quelques années la secrétaire. Elle me prêta, pour une course européenne à Montlhéry, la Formule Vée que lui avait construite son père et qu'elle conduit sur cette photo. Cela me valut une de mes plus terrifiantes expériences de course. Lorsque je touchais les freins, je ne savais jamais si la voiture partirait à droite ou à gauche, en cinq tours je me faisais doubler par les premiers, une vrai Bérézina. Les ceintures venaient d'être rendues obligatoires et la Benit n'en avait évidemment pas. Aidé par Yves Sunhill j'avais démonté la ceinture 3 points de sa berline et je l'avais installée dans la monoplace … en faisant des nœuds autour des tubes. Ayant du rendre ma remorque d'emprunt, j'ai , le soir de la course, conduit la voiture par la route, au milieu de la circulation, jusqu'à un atelier que possédait Yves à une dizaine de kilomètres de Montlhéry.
Le coin du bricoleur
Ce fut en fait une des rubriques phares de nos magazines nationaux de cette époque, sous diverses appellations dont la plus célèbre est sans doute "constructeurs sans patente". J'ai appris que Dominique Pascal devait en faire en livre. S'il te plait, Dominique fait en bon usage.

13 février 2008

Rétromobile
Chambre d'hôtel à quelques centaines de mètres de la porte de Versailles. Nous sommes au salon Rétromobile. Ce salon est, depuis une dizaine d'années, l'un des grands rendez-vous de ma vie professionnelle de libraire et d'éditeur.
Cette année, le bâtiment et le contexte ont à nouveau changé, mais le changement profond est plus indéfinissable: c'est toute une ambiance qui est différente. J'ai du mal à retrouver la magie que j'avais ressentie chaque année depuis 1998.
Aux amis qui me demandent d'expliquer ce malaise, je raconte ce dessin fabuleux de Sempé: deux petit bonhommes regardent des yachts dans un port et l'un d'eux déclare "lorsqu'on voit de si belles choses, un seul mot vous vient à l'esprit … Pognon". Marques et clubs rivalisent de décorations, de murs, de panneaux de verre et de stands bardés de spots enluminant des voitures sur-éclatantes de polish. Ce n'est pas mon monde, ce n'était pas le monde de Rétromobile. Je m'avance peut-être un peu, mais il m'a semblé comprendre que beaucoup de mes confrères, vendeurs de papiers, de pièces ou de miniatures, partageaient mon sentiment … l'avenir nous en dira plus.
Je ne vais pas trop vous parler fric, mais sachez simplement que cette année notre budget d'exposant n'est pas très loin d'être le double (à surface égale) de celui de l'an dernier. Après 5 jours d'exposition, nous faisons partie de la petite minorité qui est heureuse d'annoncer que nos chiffres sont proches, ou légèrement supérieurs à l'an dernier (rien à voir avec les bénéfices de Total ou d'autres micro-compagnies comme Vinci ou autres.)
Nous avons apporté environ 4 tonnes de livres. Cela représente moins de 10% de notre stock, mais c'est très inférieur à ce qu'ont amené quelques uns de nos concurrents comme Gilena (Italien) ou Horton et Chaters (GB) ou encore le français Tido (solde).
Ne participant qu'à une demie- douzaine de salons par ans, nous n'envisageons pas de modifier cet état de fait dans le futur.
Pour nous, ce salon est un fantastique lieu de rencontre avec nos clients, nos fournisseurs et avec les auteurs qui nous proposent des sujets de livres … ceux que vous lirez, peut-être demain. … Mais le monde, et la vie sont pleins des choses, d'êtres et de sujets irremplaçables.
Je passe à la deuxième partie: les rencontres.
D'abord une très bonne découverte: celle de Jean-Pierre Foucault, l'idole d'une bonne partie de la (vraie) France.

Jeudi 7 juin 2007

Depuis plus de deux mois , je suis plongé , jusqu'au dessus des yeux, dans une série de travaux qui m'accaparent 10 à 12 heures par jour: la traduction de "Build your own 7" qui est sorti hier sous le titre de "Construisez votre Seven à mini budget" puis le traduction de "Magnificent 7", que j'espère sortir en juillet sous le titre "Toutes les 7", pendant que je continue à rédiger le travail que nous avons en route depuis plus d'un an avec Bernard Boyer et dont le titre provisoire est "Avec un CAP de mécanicien". Je n'ose même plus parler du livre sur Bob Wollek que nous avons en route depuis plus de 2 ans avec Jean-Marc Tessèdre, ni de la réédition revue et illustrée du très bizarre livre d'André Pisard "Mes courses".
Puisque nous sommes lancés dans les confidences et les idioties, sachez que je suis aussi lancé dans la compilation des articles que j'ai écrit dans les années 60 et 70 sur les buggys et les protos. Ultime détail je rédige au jour le jour mes souvenirs en vrac, tels qu'ils me viennent. Confession finale: je suis cardiaque et un peu inquiet … pas envie d'arrêter tout de suite…!

Bravo confrère !
Je ne me souviens pas précisément de vous, mais il me semble vous connaître. Qu'importe ! je viens de "lire" votre ouvrage sur les "sportives tricolores" (que je mets en vente sur notre site Internet) et je peux d'autant moins m'empêcher de réagir que j'ai eu cet après-midi un coup de fil qui m'a laissé très perplexe.
J'oublie vite le fait que dans la bibliographie de votre livre vous écornez mon nom quand vous parlez de "CG les artisans constructeurs", pour vous faire part de ma tristesse de constater que vous avez si mal lu ce livre (sur lequel j'ai travaillé plus de 2 ans avec Bernard Boyer, Albert Chappe et Jean Gessalin, environ 20 journées de rencontre, entrecoupées de coups de téléphone et d'échanges de courrier. Travail très peu rentable, sinon pour mon plaisir). Ce livre concerne quasiment toutes les marques dont vous traitez dans votre livre. Je passe sur le fait que les illustrations que vous proposez sont d'une médiocrité affligeante, provenant pour la plupart de courses ou meetings historiques, alors que les photos d'époque disponibles sont nombreuses.
Ce qui me met réellement hors de moi a été de constater qu'à travers votre livre, le principal "petit constructeur" des années 60 a été Jacques Durand. Loin de moi l'idée de nier son importance, mais, dans ce cas, pourquoi avoir si superbement ignoré les deux ouvrages que lui a consacré Jean Luc Fournier. Non pas que je les juge très satisfaisants et Jean-Luc (qui est un ami) connaît mon opinion sur la question, mais au moins ils en disent infiniment plus que votre livre dont je ne peux que, malheureusement, craindre qu'il ne fasse date sur le problème des "petites sportives françaises". Point ! je ne dis pas une méchanceté de plus et je passe au coup de téléphone reçu cet après-midi et qui me fait me relever à 23 heures pour pianoter sur mon portable.
- "Allo ! est-ce que le livre de Dubler sur la F3 décrit les Alpine et donne les n° de châssis ?". !!!!!
J'ai toujours bêtement cru que les gens semblant s'intéresser à l'histoire avaient pris la peine de se documenter, ne serait-ce qu'un peu, sur la question. Je suis vraiment con ! je ne répertorie plus les louanges reçues pour les deux petits livres de Juerg. Je n'ai jamais sérieusement pensé qu'une personne intéressée par la question puisse envisager d'hésiter à mettre 12 euros dans le commerce (après avoir acheté 5 ou 10 ou 25 mille euros une épave aussi improbable qu'incomplète).
Mais je suis un type curieux, en plus j'avais envie de me sortir du pesant travail de traduction dans lequel je suis lancé, alors je l'ai questionné:
- J'ai acheté un châssis que je croyais être un Brabham F3. Mais, sur Internet (toujours lui !) des anglais me disent que ce n'est pas un Brabham, mais un Alpine !
- C'est intéressant, il y a eu moins d'Alpine que de Brabham !
- Oui, mais le problème c'est que je voulais en faire une F. Ford, il n'y a pas eu d'Alpine de F. Ford.
- Bien sûr ! Mais je ne connais qu'une seule Brabham modifiée en F. Ford et c'était une BT 28, pas moyen de confondre avec une Alpine. Le seul conseil que je puisse vous donner est de préparer votre Alpine en version F3 1.000cc. Bon courage pour retrouver la Hewland conforme (MK4 ou Mk6 ?) mais l'historique n'est pas un jeu ! Mon ami Jean Luc Fournier est en train de préparer un livre sur les Alpine monoplace, vous devriez y trouver certains renseignements.
Nous voila revenus au point de départ. Jean Luc sait que je ne laisserais passer aucune approximation et celui qui l'a lancé sur ce travail (il s'appelle Gaucher) l'a fait parce qu'il avait mesuré ses propres insuffisances sur ce problème.
Nous ne sommes pas des milliers d'experts sur ces questions des voitures de course de "formules mineures", mais nous sommes plusieurs dizaines, régulièrement en contact entre nous; notre amitié est vraie autant que désintéressée et, quand l'un d'entre nous a un doute ou dispose d'une information, il la, ou le, partage.
Je vous donne ici une liste de gens qui savent à coup sûr de quoi ils parlent lorsqu'il s'agit de monoplaces des années 60 à 80: Hervé Delaunay, Jean-Pierre Demarchy, Michel Mallier, Michel Camus, Patrick Jamin, Ken Thorougood, Peter Denty. Cette liste n'est pas limitative et je demande pardon d'avance à ceux qui ne sont pas de mes amis et que je ne connais pas.
Allez !!! Bonnes affaires à tous !!! Mais n'oubliez pas que seul compte le plaisir.

Dimanche 6 mai 2007

Avoir "bonne mine"
Je suis lancé dans ce qui, au départ, ne me semblait devoir être qu'une recherche ordinaire, mais qui, après des heures de visites, de téléphone, d'Internet, commence à ressembler à une véritable croisade (ou nouvel épisode de "mission impossible"): rassembler toutes les informations sur la présentation d'un véhicule aux mines pour sa réception à titre isolé "neuf".
Nous aurons probablement terminé, à la fin de la semaine qui vient, la traduction et la mise en page de "Construisez votre Roadster Seven à mini budget". Mais nous ne pouvons malheureusement pas nous contenter de traduire le passage concernant l'homologation en Angleterre.
Là-bas les formalités et conditions que doit remplir le véhicule sont clairement définies et simplement expliquées. Il n'en va pas tout à fait de même chez nous.
Ce livre doit permettre à un bricoleur qualifié (ou bien entouré) et correctement outillé de construire sa Seven avec un budget compris entre quasiment rien et quelques milliers d'euros. Quand la moindre Caterham ou autre assimilée Seven dépasse largement les 20.000 euros sur la marché de l'occasion cela permet d'ouvrir les portes du rêve. Et cela vaudra la peine de se battre pour obtenir l'homologation de la voiture que vous aurez construite.
En attendant je me bats pour tenter de clarifier les textes. Ma consolation est que le charmant ingénieur de la DRIRE qui m'a beaucoup aidé à y voir clair a eu, lui aussi, pas mal de difficultés à s'y retrouver.
Si quelqu'un parmi vous à une expérience dans ce domaine, j'accepterai avec joie tous les "tuyaux" et conseils.

Lundi 30 avril 2007

Nouvelles du bout du monde

Cher Michel
Un ami journaliste, Hervé Girard, qui bosse aux "Nouvelles Calédoniennes" a surfé sur ton blog et m'a gentiment apporté les copies de tes feuillets où j'ai lu avec plaisir que tu as l'adresse de Guy Dhotel avec qui je serais heureux d'entrer en liaisons par mail depuis le bateau. Je ne peux pas surfer sur le net, peux-tu lui donner mon adresse mail du bord :ft4795@sailmail.com
Je suis à Noumea où j'ai retrouvé ce phénomène de Didier Artzet, le vainqueur de Monaco en F3 en 1987. Il a couru aussi en 89 et 90 en F3000. A Monaco en 87 il avait fait la pole, le record en course et la victoire. Mais il n'a, au grand étonnement des anciens pilotes de monoplace, pas eu sa chance en F1 alors qu'à une glorieuse époque le vainqueur de Monaco F3 passait illico, en cours de saison, en F1. Didier envisage de partir sous voile découvrir des poussées d'adrénaline....chargées d'embruns.
J'attends un pilote auto de France et prends la mer en solitaire pour rejoindre Djibouti d'une traite, 9.000 miles, car je dois arriver à Cannes très vite, j'espère avoir le courage en passant très près des Maldives de ne pas y mouiller l'ancre pour buller.
Bravo pour ton blog. Arrivé à terre … j'y prends racine.
Amicalement. Philippe Munier
en cas de réponse, merci de ne pas utiliser la touche répondre faire new mail a chaque envoi. L'adresse est ft4795@sailmail.com

Salut Philippe
Je ne suis pas étonné de ce désir de rentrer vite qui semble t'avoir pris. Il y a toujours un moment, dans les longs voyages, comme dans les longues courses, où le désir d'en finir l'emporte sur le plaisir de faire.
Je transmets ton mail à Guy Dhotel, mais, comme il n'a jamais répondu à mes mails, je ne sais pas ce qu'il en sera de celui-là.
Continue à me tenir au courant de ton périple. De toutes façons j'irai te voir à Cannes quand tu seras rentré. Je vis à Nîmes, ce n'est pas loin.
M.D.

Pendant ce temps là, on gratte et on maquette
Pas beaucoup de temps morts dans notre double activité de libraire et d'éditeur.
Les commandes arrivent et il faut faire des paquets … ou chercher à se réapprovisionner au plus vite chez nos fournisseurs.
Les projets d'édition vont bon train, nous devrions donner la maquette de "Construisez votre Roadster Seven à mini budget" dans une dizaine de jours à notre imprimeur et je me suis promis de terminer les souvenirs de Bernard Boyer avant l'été.

Lundi 23 avril

Un peu de courrier
Messieurs,
J'aimerais savoir si un livre a jamais été publié au sujet des réalisations mécaniques de l'ingénieur français
D. Sensaud De Lavaud (moteur rotatif, boîte automatique, différentiels ...).
Il semble que ses différentiels à glissement limité aient fait l'objet de brevets exploités dans des
engins militaires tandis que le moteur rotatif et la boîte automatique furent des échecs.
D'avance merci. Meilleures salutations.
Hervé Denis. e-mail : herve.denis@mobistarmail.be

Bonjour,
Les références à Sensaud de Lavaud sont rares.
Alpha encyclopédie lui consacre une quarantaine de ligne où ne sont mentionnés ni les moteurs rotatifs, ni les différentiels à glissement limité. Par contre on y signale qu'il fut constructeur d'automobile, créant, entre autres, des châssis en Alpax.
La plus longue évocation de ses boites de vitesse automatiques se trouve, à ma connaissance, dans le livre de Bernard Citroën "La conspiration de Javel", un ouvrage qui est, par ailleurs, tout à fait passionnant.
Peut-être un de nos lecteurs nous aidera-t-il à en trouver plus sur cet inventeur qu'il doit être, à coup sûr, très intéressant de mieux connaître.
MD

Bonjour, Cher Michel
C'est avec grand plaisir que je reprends l'habitude de lire votre blog (après un trop longue absence).....toujours aussi intéressant.
Avez vous des nouvelles sur la biographie de Jabby Crombac ?
Thierry Cullafroz

Cela fait longtemps que ce projet est en route puisque Gérard l'avait initié plus d'un an avant sa mort et il n'avait pas eu le temps de le finir tout à fait. Nous sommes nombreux à attendre la sortie de ce livre car, hormis le fait qu'il avait, en une cinquantaine d'années, amassé une quantité impressionnante de souvenirs, Gérard était un garçon qui n'avait pas l'habitude de manier la langue de bois. Il doit y avoir des passages réjouissants.
Nicolas Draeger (Anthèse), son éditeur, vient de me confirmer que la sortie de ce livre devrait se faire vers le mois de juin. Ce sera un pavé de plus de 500 pages, avec beaucoup de photos. Comme il n'y aura qu'un assez petit tirage, le prix prévisionnel est de l'ordre de 75 euros.
Comme Gérard n'avait pas complètement terminé ce livre lors de son décès, c'est José Rosinski qui s'est chargé de la touche finale et de légender les très nombreuses photos. Ce n'est pas trahir un secret que de dire que José a, à son tour, été retardé par une grave maladie et une pénible opération. Il est maintenant rétabli et vous ne devriez pas tarder à disposer de ce livre.
Une toute petite précision pour commencer: seuls les anglais l'appelaient "Jabby". Les français qui le connaissaient bien et dont je me flatte d'avoir fait partie, nous l'appelions "Gérard".

Nos éditions en cours

Merci à ceux qui se sont étonnés de ne pas nous voir publier de livres plus souvent. Qu'ils se rassurent, nous avons plusieurs ouvrages sur le gaz et je peux vous donner quelques nouvelles.

Nous sommes en train d'achever la traduction et la mise en page de "Construisez votre Roadster Seven a mini budget". C'est une version très évoluée et beaucoup plus complète du "Build your own sportcar for less than 250 £" que nous vendions il y a quelques années. Là les amateurs vont être servis car ils trouverons tous les plans (en système métrique) et tous les modes opératoires (en français). Ce livre tout en couleur, de 200 pages, sera vendu 30 € et nous programmons sa sortie pour la fin mai.

C'est un secret qu'il ne faut pas ébruiter, mais j'ai repris ma collaboration avec Bernard Boyer pour la rédaction de ses souvenirs. Un document d'une grande diversité, dans laquelle il ne manipule pas la langue de bois … c'est le moins que l'on puisse dire ! Le titre provisoire est "Avec un CAP de mécanicien".

En parallèle je travaille à un "Van Diemen 1973-1993". Pour une fois mon gros problème est de choisir parmi l'énorme quantité de photos et de documents que je possède. Bizarrement pléthore de biens peut rendre la vie difficile. Ce sera un petit tirage, tout en couleur avec un prix prévisionnel de l'ordre de 45 euros.

Mardi 17 avril 2007

Ah ! Si je m'attendais à cela !
Trouver les histoires que raconte Guy Dhotel sur "Mémoires des stands" (
http://memoiresdestands.hautetfort.com) avait été pour moi une excellente surprise. Je lui avais même écrit, mais sans obtenir de réponse de sa part.
Pour avoir, depuis plus de 40 ans, vécu dans le petit monde de la course, du reportage et de l'écriture, il se trouve que j'ai de multiples petites histoires à raconter. Peut-être ai-je eu tort de la faire sur un site ouvert.
Si Guy Dhotel s'est senti visé par le ton un peu railleur que j'ai utilisé, je ne pensais pas à lui car dans aucun de ses écrits il ne s'est plaint.
Si François Libert s'est senti visé, il a eu bien raison car c'est le descriptif de ses "aurait pu" qui m'a fait sourire.
En 40 ans j'ai connu et côtoyé un très grand nombre de pilotes de très grande valeur, mais bien peu, malgré des palmarès souvent impressionnants sont parvenus aux niveaux suprêmes.
Jean-Louis Bousquet (Maître), qui fut le seul pilote à battre Alain Prost en Formule Renault, n'hésitait pas à déclarer "Renverse une poubelle et il en sort une douzaine de futurs champions du monde".

Un petit mot que j'adresse à Guy Dhotel: "Cher Guy, désolé que tu m'appelle Monsieur, tu sembles avoir oublié que c'est moi qui ait écrit (dans AutoRacing, puis dans Echappement) les premiers articles qui t'ont été consacrés (ainsi qu'à BBM). Pour avoir vécu de très près les errances des débuts de la F3 1600 (et ses invraisemblables problèmes de moteurs) je sais très bien que rien ne peut t'être reproché dans le contexte d'une saison dominée par les Alpine de Depailler et Jabouille. Il faut souligner que Shell fournissait une monoplace et son moteur, des bons d'essence et un budget bien insuffisant pour assurer l'utilisation d'une F3 dans un contexte international élevé".

Un petit mot pour François Libert: "Désolé, je n'ai pas la chance de vous connaître ni même de vous avoir aperçu un jour. Le livre "Les ronds rouges arrivent" n'avait comme objectif que de raconter la géniale opération de lancement de la marque Elf et de témoigner du rôle primordial qu'a joué cette marque dans le grand développement du sport automobile français. Jean-Marc avait fait un livre beaucoup plus long, dans lequel il racontait ses courses en Mini et ses courses en Formule France. Ces textes n'avaient rien à faire dans le livre et c'est pour cela que j'avais organisé leur publication par Dominique Pascal dans "AutoPassion".
Mon prochain blog sera pour vous raconter quelques unes de mes lectures.

Dimanche 16 avril

L'automobile mène toujours au bateau
Si l'on se mettrait à dresser une liste de tous ceux qui, après avoir tourné une page de leur carrière en course, se sont dirigés vers la mer, nous aurions de quoi nous occuper un bon moment. Quelqu'un veut-il s'y coller ?
En tous cas, une des bonnes surprises de ces jours-ci est l'arrivée, sur mon ordinateur de ce mail vraiment inattendu:
ici Munier malheureux Volant Shell 1971,et maintenant heureux marin qui est en train de finir un tour du monde à la voile.
Je suis à Noumea et reprends le mer bientôt pour rentrer en France par la mer rouge. Dans le monde des tour-du-mondistes on ne jette rien et au cours d une escale a Tahiti on m a offert de vieux magazines de ma toujours passion: l'auto.
Et là, je lis avec bonheur un article où on parle de toi avec tes coordonnées, donc me voici.
La dernière fois que l'on s'est vu c'était au Nurburgring où je courais en F3 avec des slicks quand Beguin m'a prêté ses pneus pluies et tu m'as gentiment aidé à les monter sous une pluie battante.
Je n'ai jamais su si c'était pour moi ou parce que ma compagne avait une robe moulante blanche que la pluie avait rendue transparente, mais tu étais plié en 2 ! T'en souviens tu ?
j'ai fait ce tour du monde en solo pour le Pacifique et la Caraïbes, ma femme et mon fils de 8 ans sont venus me rejoindre à Tahiti par avion. Là, je repars en solo, car les volontaires pour la navigation hauturière sont plus que rares.
Je serait heureux avoir de tes news. amicalement Philippe Munier

Merci Philippe, tu viens de raviver un souvenir qui va beaucoup plus loin que cette énorme rigolade pour changer tes roues sous une pluie qui nous avait tous transformés en éponges. J'accompagnais Bernard Beguin. Il avait cassé son moteur la veille et n'avait, évidement, pas de rechange. Nous étions resté pour voir le départ de cette course invraisemblable qui se disputait sur le grand tracé du Nurburgring. Je ne sais plus si c'est 80 ou 120 monoplaces qu'il y avait sur la grille. Il y avait même d'anciennes Formule Junior à moteur DKW 2 temps, qui disparaissaient dans des nuages de fumée et de pluie.
De reparler cela m'encourage à continuer à rassembler et à écrire mes souvenirs d'automobile et de course. Je m'étais juré de ne pas parler de ce projet avant qu'il n'approche de sa réalisation complète … mais cela me chatouillait trop.
Pour ceux qui veulent contacter Philippe: voiliernomade@voila.fr

Tous champions du monde
Un article de Guy Dhotel sur le site http://memoiresdestands.hautetfort.com
raconte son expérience de l'école de pilotage de Zolder Cela a déclanché sur ce site une avalanche de réactions et je ne peux que m'extasier sur le nombre incroyable de ceux qui auraient gagné et auraient été champions du monde si l'on n'avait pas mis de la graisse sous leurs pneus.
Guy raconte comment Frequelin et lui s'étaient retrouvés éliminés au profit de Goris (beaucoup semblent l'ignorer, mais Goris a fait, par la suite, une carrière très honorable).
Quelques mois plus tard, parceque je vivais une brève idylle avec une pilote belge, je me retrouvais à une course de côte dans les Ardennes, du coté de Spa.
Surprise, j'y retrouve Guy Frequelin. Après les habituels : qu'est-ce que tu fais là ? Il m'explique qu'ayant gagné le volant Zolder de Pilette il dispose d'une formule Ford pour quelques courses en Belgique. Sa voiture n'est pas de première fraîcheur et les résultats sont médiocres … mais enfin ! il a gagné … Tous champions du monde.
J'ai d'autres histoires avec Frequelin.

Samedi 7 avril 2007

Avant hier je vous ai promis de vous raconter une autre "aventure" de libraire. Celle-ci concerne le livre "40 ans de passion en sport mécanique" par Pierre Dupasquier. J'avais entendu parler de ce livre, mais sans y prêter immédiatement une grande attention.
Comme un client me le réclamait, je me suis mis en chasse.
Je n'ai pas eu de mal à découvrir qu'il était édité par les éditions Textuel. J'appris ensuite que cet éditeur (dont ce titre est le seul concernant l'automobile) est diffusé par "Volumen", un diffuseur que je n'avais pas encore la "chance" de connaître.
Un appel téléphonique (01 44 10 75 75), la troisième personne à laquelle je raconte ma petite histoire (librairie spécialisée auto … bla, bla ..) me déclare avec une amabilité digne des "meilleurs" services d'accueil de la fonction publique : "il faut ouvrir un compte … ça prend quelques jours … la première commande doit être de plus de 300 € … la remise que nous faisons aux revendeurs est de 25% …" Inutile de vous préciser que j'ai résumé ici le dialogue car nous avons du échanger une dizaine de phrases pour que j'obtienne toutes ces informations.
Mais le meilleur reste à venir :"Sinon – me précise la charmante dame à laquelle j'ai dit que notre affaire est installée à Nîmes – vous pouvez aller l'acheter chez un grossiste près de chez vous, à Toulouse".
Je lui répond qu'il n'y a effectivement que 300 km entre Nîmes et Toulouse. "Alors – reprend-elle, étalant sa parfaite connaissance de la géographie française – vous pourriez aller à Bordeaux". J'insiste "là nous ne sommes pas loin des 500 km". Elle ne semble même pas gênée: "Et Marseille ? vous êtes loin de Marseille ? ". Gagné ! on est à juste 100 km.
Je ne sais pas encore si j'irai chercher ce livre dont le prix est de 21€ car je me demande si les 5,75 € de marge que va dégager cette vente vont couvrir mes frais de déplacement ?
Il y a des gens qui croient que nous faisons un métier facile !

Jeudi 5 avril 2007

Et revoilà les cloches !
et je vais encore attraper un an de plus sans avoir vu passer cette année alors qu'à la même époque, l'an dernier, je me croyais définitivement en retraite. Tant pis pour le jardinage, j'ai la chance d'aimer mon métier, même si, à une époque, j'avais décidé de la faire très mollement.
Après m'être consacré uniquement au commerce, j'ai remis en route notre activité d'éditeur et il y a actuellement plusieurs livres "au four". Il est encore un peu tôt pour vous en parler, mais … patience !
Nos deux produits de remise en route, "Elan passion et restauration" et "Delahaye V12" rencontrent le succès que j'espérais et je crois que les oreilles de Jean-Claude Guedenet doivent siffler car les clients me parlent souvent de son livre au téléphone.

Les étrangetés du marché du livre
Lors du salon Rétromobile un jeune homme est passé sur notre stand avec un livre à la main. Il a demandé à Guillaume, en me montrant, si j'étais Michel Delannoy. J'étais (comme la plupart du temps) occupé avec des clients, Guillaume lui a demandé d'attendre, que je serai à lui sous peu. Quelques minutes plus tard, Guillaume m'a dit "il y a un gars qui veut vous voir (hé oui ! Guillaume, mon beau-fils, ne s'est jamais décidé à me tutoyer, cela amuse bien mes copains) mais je ne sais pas où il est passé, je crois qu'il avait un livre sur Depailler."
Je n'ai pas revu le jeune homme en question mais j'ai découvert, quelques jours plus tard, qu'il avait laissé des piles de son livre au stand de la Libreria Autodromo de Mario Aquati, qu'il en avait laissé chez l'anglais Horton et aussi au stand de la boutique du collectionneur. Surprise, il ne l'a pas proposé à Raphael au stand Passion Automobile de ETAI, ni à Christophe Lavieille de Motors Mania, ni à Pierluigi de Gilena. Etrange manière de commercialiser un livre que l'on vient d'écrire et de publier.
Après Rétromobile j'ai envoyé un mail à Laurent Gauvin (c'est le nom de ce jeune homme), mais je n'ai pas eu de réponse.
Il y a quelques jours j'ai retrouvé sa trace sur le site http://memoiresdestands.hautetfort.com et j'ai pu lire divers commentaires sur ce livre et sur les biographies en général.
J'avais feuilleté ce livre chez Mario et il m'avait semblé intéressant. Je l'aurais volontiers proposé à la vente dans la librairie du Palmier. Cela se fera peut-être un jour ?
La plupart des commentaires faits par les lecteurs sur ce site me paraissent pertinents, mais il me semble que nombreux sont ceux qui sont chiches de leurs plaisirs. Un livre est un plaisir durable, on le lit par morceaux, on le feuillette, on le reprend, on le montre à des amis … éventuellement on le revend. Je ne veux pas dire que 50 € c'est rien du tout, mais reconnaissez que le rapport prix/plaisir est tout à fait acceptable.
J'essayerai demain de trouver le courage et le temps de vous raconter une autre histoire de livre, celle du Pierre Dupasquier "40 ans de passion en sports mécaniques".
Un dernier mot pour l'instant: on ne m'a pas demandé une seule fois le Depailler depuis Rétromobile, mais on vient de me demander deux fois le Dupasquier.

Quoi de neuf sous le palmier ?
Jeudi 29 mars 2007

Bon sang ! un an déjà !

Heureusement que de temps en temps nos amis, lecteurs et clients nous rappellent à l'ordre. Hé oui ! Je dois bien le reconnaître, cela fait un an que j'ai laissé ce blog à l'abandon.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ne pas tout vous expliquer, mais j'ai de bonnes raisons pour cette lâche défection.
Nous ne sommes maintenant plus que deux, Guillaume et moi-même, à travailler à plein temps aux éditions et à la librairie du Palmier. Il va de soit que nous avons un peu ralenti le rythme des éditions car notre priorité a été d'assurer le fonctionnement et de redevelopper la librairie. Le remise en ordre a été aussi longue que je l'avais prévu lorsque je l'ai entreprise, en juin 2006, mais je peux dire que maintenant presque tout est remis en place ou en voie de l'être.

Rétromobile 2007.
Nous comptions beaucoup sur ce salon qui pour nous devait assurer la remise en place quasi définitive de notre situation financière… Il a largement répondu à notre attente et je dors maintenant beaucoup mieux.
J'en profite pour vous donner mes impressions de ce salon auquel nous participions pour la septième fois. Il a, à mon avis, évolué très positivement par la quantité et par la qualité des exposants. Certains visiteurs m'ont déclaré le trouver trop élitiste à leur goût. C'est vrai que les petites voitures populaires étaient infiniment moins nombreuses que les voitures de très haut de gamme et de course, mais reconnaissez que les occasions de voir de près des Dauphine ou des PL17 sont beaucoup plus nombreuses que celles d'admirer des Voisin ou des 917.
Il n'y a qu'un regret, que j'exprime chaque année, pour nous, exposants, il dure trop longtemps. Même s'il n'est ouvert au public que pendant neuf jours, il nous immobilise pendant exactement quinze jours. Pas besoin de vous décrire le "bazar" qui nous attend, ici à Nîmes, après deux semaines d'absence !

Le petit monde du livre automobile évolue actuellement à grande vitesse. Je vis en permanence au sein de ce petit monde en temps qu'éditeur, en temps que libraire, mais aussi en temps que lecteur et en temps qu'interlocuteur d'autres lecteurs ou de clients. De plus nous avons aussi une grosse activité d'achat et de vente de livres d'occasion, cela me permet d'avoir une vision très large sur la production éditoriale depuis l'immédiate après-guerre.
Un coup d'œil superficiel donne l'impression que la production livresque est énorme alors qu'il n'en est rien. A mon avis, il ne se publie même pas une centaine de livres automobiles par an en langue française, soit moins de 2 par semaine. Les éditeurs non spécialisés ne sortent quasiment plus de titres automobiles, ce qui n'était pas le cas à une certaine époque. La situation me semble encore moins brillante en Allemagne et en Italie. Evidement les quantités produites par les éditeurs anglais et américains sont très supérieures, mais, chez eux aussi, on constate un ralentissement de la création et un tassement des chiffres.
J'ai eu l'occasion d'avoir plusieurs conversations avec des confrères éditeurs, français, anglais et italiens et tous m'ont confirmé que ce que je ressentais au sein des éditions du Palmier rejoignait leurs analyses. Celui qui édita mes premiers livres, au début des années 70, m'a affirmé qu'alors aucun de ses livres n'était tiré à moins de 5.000 exemplaires, certains ont passé les 20.000 exemplaires. A titre de comparaison, il m'a affirmé que le livre qu'il vient de publier sur Schumacher n'a été tiré qu'à 3.000 exemplaires.
Je peux, pour ma part, vous donner les chiffres de "Didier Pironi, la flèche brisée" : tirage 2.000 exemplaires, envois à la presse spécialisée près de 50 exemplaires, ventes à ce jour (plus de deux ans et demi après sa sortie) 1.144 exemplaires. Et pourtant ! Ce livre (22 €) est très bien écrit, richement documenté, illustré de près de 300 photos, pour la plupart inédites et en couleur. Il a bénéficié d'une très belle couverture de presse (environ 70 articles plus ceux qui nous ont échappé). Pironi fait, à notre avis, parti des pilotes français mythiques de par leur vie et de par leur mort … Alors ! où est le malaise ?

Distributeurs et libraires.
Je crois que je vous ai déjà parlé des libraires et du peu de bien que je pense de bon nombre d'entre eux, je n'y reviendrai pas dans l'immédiat.
Je dois simplement vous expliquer que l'un de mes premiers soucis en reprenant les éditions du Palmier en mains (au début mai 2006), après quelques mois de retraite, a été de rompre avec le distributeur chargé de la diffusion de nos livres chez les libraires. Il y aurait là matière à tout un roman que je n'écrirai vraisemblablement pas. Mon premier soin a été de revoir les prix de nos livres et de recalculer ces prix en tenant compte du fait que nous n'avions plus à rétribuer un diffuseur qui ne faisait pas trop bien son travail. Cela nous a permis de baisser les prix de tous nos livres de 20 à 30%, personne ne s'en est plaint.
Maintenant, c'est promis, je vais reprendre cette rubrique de façon peut-être pas régulière mais à coup sûr plus fréquente.

Jeudi 30 mars 2006

Pas sérieux Delannoy, rien écrit depuis 8 jours sur ce petit carnet, pourtant ce n’est pas l’activité qui a manqué. Bien entendu, écriture et lecture m’occupent toujours beaucoup, mais j’ai également passé deux excellentes journées, le vendredi et le samedi, au salon d’Avignon. Je vous en parlerai plus loin, d’abord quelques notes de lecture :

Les bonnes surprises des manuscrits. Nous avons reçu de Dominique Franque de Luxembourg
« Bentley de l’oubli à la renaissance » qui raconte le redressement spectaculaire de cette marque qui était sur le point de disparaître en 1965, c’est clair, précis, bien illustré. J’avoue avoir appris beaucoup de chose que j’ignorais totalement.
Dans un tout autre registre, Jean-Claude Guedenet, dans « histoires d’Elan … Elan passion » nous fait partager son amour des Lotus Elan et nous invite à vivre avec lui les restaurations, re-créations pourrait-on même dire, auxquelles il s’est livré pendant une vingtaine d’années. Amusant, très instructif, si vous n’êtes pas rassasié par les histoires de restaurations que publient de temps en temps, sur quelques pages, les magazines de voitures anciennes, là vous allez y trouver votre compte.

Les surprises de la lecture. Je n’ai pas compris quel intérêt pouvait présenter un livre comme
« Voitures audacieuses », inutile de commenter d’avantage. Le « World rallying 2005 » de Martin Holmes est égal à ses prédécesseurs, écrit en anglais, il a cependant l’avantage de fournir plus d’informations que « l’année rallyes » qui bénéficie de meilleures photos. Dans la tradition de ses autres ouvrages, très complet et précis, Frédéric Lhospied présente cette fois « La Peugeot 205 et le sport » , tout comme la Golf GTI, la 205 GTI commence tout doucement à faire partie des véhicules collectionnés, les amateurs y trouveront leur compte. Jean-Luc Fournier publie le deuxième tome de sa saga des voitures crées par Jacques Durand. « Les créations automobiles de Jacques Durand » est bien dans la foulée de son premier ouvrage, même si je ne l’ai pas inclus dans ma bibliothèque personnelle. Bernard Viart, grand spécialiste des Jaguar, surtout XK, propose « Jaguar XK, la compétition sur route dans les années 50 » , beaucoup de photos (un peu répétitives il faut dire) mais bien peu d’explications, décevant. « Les Healey du Marathon 1951-1964 » est beaucoup plus satisfaisant que les deux précédents ouvrages d’Hervé Chevalier sur les Healey. Les illustrations sont abondantes et bien choisies, mais surtout, cette fois, Hervé s’est décidé à faire un véritable effort pour les textes et cela donne un beau livre, plaisant et instructif, que je range dans ma bibliothèque personnelle.
Si vous voulez faire (ou vous faire), un beau cadeau « Open Road & front engines » consacré au championnat du monde des voitures de sport de 1953 à 1961 vu à travers les photos (pour les classements reportez vous au précédent ouvrage de Janos Wimpfen « Time and 2 seats ») c’est une petite merveille que vous ressortirez souvent de son étagère.

Le salon d’Avignon. Les organisateurs avaient déjà, les années précédentes, affiché de grandes ambitions pour leur salon et, cette année, ils l’avaient programmé sur 3 jours, à partir du vendredi. Beaucoup de place, beaucoup d’exposants, mais aussi pas mal de places vides. L’obligation d’exposer dès le vendredi avait été l’une des raisons qui nous avaient poussé à ne pas y exposer notre librairie. Parmi les autres raisons qui font qu’en fait de salons ou bourses, nous ne serons qu’au « Mans Classic » en juillet, (en plus de Rétromobile qui nous a coûté beaucoup d’efforts), il y a le fait que nous sommes maintenant assez bien représentés, en temps qu’éditeur, par nos clients libraires et que nous sommes heureux de leur laisser le soin de diffuser nos livres.
Succès très mitigé pour la journée du vendredi, assistance satisfaisante le samedi (je ne sais pas pour le dimanche, mais je suppose que c’est comme d’habitude : un peu moins que le samedi). J’attend avec curiosité de lire le compte rendu dithyrambique et enthousiaste que lui consacrera probablement LVA. C’est donc avec un œil libre de visiteur que j’ai passé ces deux journées. Un des gros problèmes de ce type de salon est l’impression de « déjà vu » que dégagent les voitures exposées, d’autant plus qu’à peu près aucune n’est accompagnée de la moindre explication.
Mes amis marchands, que ce soit de livres ou de pièces, n’ont pas encore retrouvé le sourire d’il y a quelques années. Il faut reconnaître que la clientèle est toujours la même et qu’elle ne semble pas se renouveler. Les jeunes ne sont vraiment pas nombreux et la moyenne d’age serait, à mon avis, bien au dessus de la quarantaine.
J’ai passé beaucoup de temps à échafauder divers projets de livres. Accueil très amical et intéressé du club Salmson et de son président, Noel Toupet, pour un projet sur la 2300S. Très longues conversations avec Michel Tétu sur l’idée d’un ouvrage consacré aux « Ligier de route et de course », l’idée lui plait beaucoup et il me garantit son aide et sa riche documentation … si je parviens à obtenir l’accord de Patrick Ligier. J’ai aussi complété certaines documentations qui me manquaient pour des projets plus ou moins lointains et à négocié divers achats de photos.
Un coup d’œil sur les voitures destinées à la vente aux enchères m’a vite convaincu que l’on est, dans cette activité, bien souvent proche du « foutage de gueule » tant par les explications que par les prix prévus.
Et si quelques uns d’entre vous se décidaient à nous raconter et commenter les bourses ou expos auxquels ils ont assisté cela devrait nous changer un peu de ce que l’on lit (ou ne lit pas) dans la presse. !!!! J’attends.

Mercredi 22 mars 2006. GP de Montreux


"Cher Michel,
Cela me fait plaisir de te lire a nouveau...blog!
Les dates du Grand Prix de Montreux : 21-23 Juillet prochain!
Mes amities Phil
http://www.montreuxgrandprix.ch/index.html
Montreux Grand Prix 2006
Avec « Le Mans Classic » les 7, 8 et 9 juillet, voilà un mois qui va être bien occupé !"


Mercredi 22 mars 2006. Encore un heureux !

"Cher M. Delannoy,
Je viens de lire votre "blog" avec grand intérêt. Par ailleurs, je suis très intéressé par les bouquins traitants de Maserati. J'en ai vu de très intéressants sur votre site des éditions.
Cependant, je vous écris la présente pour confirmer que M. Sébastien Dulac est quelqu'un de très peu recommandable. Après avoir apprécié "Automobile Historique" depuis son 1er numéro, je me suis décidé fin 2005 à m'abonner. Mal m'en pris, car après avoir payé mon abonnement annuel plus l'achat de 2 anciens numéros, je n'ai plus aucune nouvelle de ce monsieur. Ni nouveau numéro d'A-H, ni remboursement de mon paiement et ce malgré d'innombrables rappels ...
Je ne tolère pas d'être "roulé", aussi j'envisage de porter plainte auprès du procureur de la République. D'après mon message sur votre blog, je crois n'être pas le seul .... !!! J'enjoins toutes les personnes dans mon cas à se regrouper afin de faire aboutir nos plaintes. Si vous le souhaitez, vous pouvez publier ce message dans votre blog et/ou dans tout autre support. Vous pouvez toujours soit publier mon adresse email, soit me transmettre les messages que vous recevrez à cette adresse. Je vous en remercie à l'avance et le cas échéant, continuez à publier des articles sur le sujet dans votre blog.
Très cordialement,
Robert Coppitters . [mailto:robert.coppitters@tiscali.be)
Bruxelles "


On m’a, depuis, raconté une autre histoire amusante : à ceux qui s’abonnaient, AH offrait un magnifique calendrier. Et, en 2004, certains ont reçu, pour la deuxième fois le superbe calendrier de l’année 2003.
Sachez que ce triste sire laisse aux Editions du Palmier une ardoise de 3.000 euros pour les livres que nous expédiions pour son compte à ses clients. … Au moins, eux ne sont pas victimes.
M.D.

Mardi 21 mars 2006. Les projets de Phil Henny

"Hello Michel,
Je suis rentré hier aux US et finalement je peux me mettre devant mon ordinateur, chez moi, avec un peu plus de temps...les cibernets cafés ne sont pas trop mon genre et j'y passe peu de temps en voyages..!
Ca m'a fais très plaisir de passer ces quelques heures au Retromobile avec ton équipe. J'ai ensuite passe chez Pescarolo au Mans, merveilleux atelier...puis le Salon de Genève avec mes amis Suisses.
J'ai passe une journée chez Bernard Cahier a Evian et suis reparti avec une trentaine de photos de Carroll pour mon prochain projet "Remembering Carroll" De fabuleuses photos des années 60… jamais publiées.
J'espère que tout va bien pour toi, maintenant que tu es a cent pour cent dans tes publications. Je serai en Suisse à nouveau en juin pour le GP de Montreux. Je viendrai assurément a Nîmes la semaine précédente pour y prendre quelques livres, on m'a offert une place pour y vendre mon livre pendant ce week-end la!
Take care, keep in touch...mes amitiés Phil"


Salut Phil,
Nous serons contents de te revoir prochainement. A quelle date à lieu le GP de Montreux ?
Amitiés
Michel

Mardi 21 mars. Rassure toi Clovis, tu n’es pas le seul

"Bonjour Michel.
Rétromobile est déjà loin, j'espère que toute l'équipe est bien rentrée. Pour ma part, j'ai "traîné" pendant les 10 jours suivants un blues pas possible, fatigue, pas de lumière, l'hiver qui n'en finit pas...Depuis cela va mieux mais je suis en retard dans mon boulot! J'ai un petit regret, je ne suis pas allé voir assez vite ton blog et je n'ai pas pu lire tes commentaires sur le Salon, pourquoi tu ne donnes pas la possibilité d'aller relire tes "élucubration" anciennes, cela intéresserait certainement pas mal de visiteurs.
A bientôt?...Mans Classic.
Clovis."


Nous aussi, nous sommes rentrés de Rétromobile très fatigués, un peu cafardeux et passablement déçus. Nous avons vu beaucoup de monde, beaucoup parlé, échafaudé des tas de projets (heureusement certains sont déjà en train de se réaliser), mais, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, les affaires n’ont pas été bonnes, pour la deuxième année de suite nous n’avons pas réussi à refaire les chiffres que nous faisions en 2003 et 2004.
Je ne sais pas ce disent, ou veulent bien dire, les autres exposants, mais je n’ai pas l’impression que cela soit beaucoup mieux pour eux.
Dans ce genre de situation on a tendance à vouloir mettre en cause une action négative de la concurrence, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Il me semble qu’il faut surtout incriminer des poches plus plates que les envies de nos clients et un manque d’ambiance global du salon où il n’y a pas d’animation ni d’apparente joie de vivre.
Un autre sujet qui me semble inquiétant est qu’il y a bien peu de jeunes, je suis prêt à parier que la moyenne d’age des visiteurs est bien supérieure à 40 ans !
Je vais tenter d’adresser une liste de suggestions d’animations aux organisateurs … on ne sais jamais.
Dernière chose, je regrette profondément la disparition du « Salon de la voiture de course » dont j’ai gardé un souvenir d’ambiance extrêmement différente … ou alors, c’est que je vieilli mal … et toi ?
Amitiés
Michel

Mardi 21 mars 2006. Il y a des livres médiocres qu’il faut lire.

A la recherche de documents sur les souvenirs de F3 des grands pilotes, j’ai ouvert « Alan Jones. La rage en plus » et je l’ai lu avec autant de plaisir que d’agacement. Alan Jones ne m’avait guère fasciné (il semble que ce soit le cas de nombre d’entre vous) et, à la lecture de ce livre je sais maintenant pourquoi.
Le très grand mérite de ce livre est que,dans de nombreux passages, il a complètement mis au placard la « langue de bois » et quelques unes de ses déclarations et quelques uns de ses jugements à l’emporte pièces sont particulièrement réjouissants.
J’ai aussi découvert que ce livre avait été traduit de l’anglais en français par notre ami David Waldron qui m’a toujours juré ses grands dieux qu’il était incapable de traduire dans ce sens là … Sacré David, va !
Nous avons quelques exemplaires de ce livre en librairie. Il ne mérite pas de devenir votre livre de chevet, mais à 18,50€ vous ne regretterez pas votre « investissement ».

Lundi 13 mars 2006.

"Bonjour,
Lecteur assidu de votre chronique devenue blog, je m'étonne de la vigueur de votre charge contre Internet, qui, à vous croire, est totalement négatif. En plus du fait que ce média aide à vendre une bonne partie de votre fonds, il offre un accès gratuit, instantané, au savoir, à ceux qui ne sont pas assez riches pour se payer des bouquins de bagnoles. C'est LA révolution culturelle de ces 10 dernières années et vous la dégagez en touche avec une brutalité trop évident pour être sincère. Vous auriez pu étayer votre démonstration d'un exemple ou deux. Quels sites vous ont déçu ?
Je suis d'accord en partie avec vous sur la fiabilité et la profondeur d'investigation du domaine français d'Internet. Trop de sites sentent l'amateurisme, l'approximation, mais il existe de grands sites anglo-saxons, comme PreWarCar (http://www.prewarcar.com), Grand Prix History (http://www.ddavid.com/formula) ou The Nostalgia Forum (http://forums.autosport.com/forumdisplay.php?s=&forumid=10)
Désolé pour ces liens, vous n'en mettez jamais.
Cordialement,
Patrice Vatan" http://memoiresdestands.hautetfort.com


Cher Patrice,
C’est sympa de m’écrire et de réagir, mais je crains que votre réaction ne soit très symptomatique de la façon dont beaucoup (trop) de gens « lisent » Internet, vite, en diagonale, absorbant façon éponge un mot ou une phrase qui a frappé et zappant une grande partie de son contexte.
Je ne suis nullement anti-internet, j’étais branché bien avant l’ADSL. C’est grâce à Internet que j’ai démarré la librairie du Palmier, ce qui eu été impossible autrement. Que ce soit pour écrire des livres ou aider des amis à en écrire je suis un grand usager d’Internet qui est loin d’être un outil négatif.
Je vais schématiser grossièrement pour essayer de m’expliquer : une clef à molette (également appelée clef anglaise pour faire râler les rosbifs) est un outil merveilleux qui vous permettra de résoudre de multiples problèmes, mais :
- Elle ne va généralement pas convenir pour aller desserrer un écrou de 8 dans un petit recoin, idem pour l’écrou de 32 du bout de l’arbre primaire d’une boite Hewland.
- Cela va aller encore moins bien lorsque vous tenterez de vous en servir pour démonter un pneu ou enfoncer un clou.
Voilà ce que je reproche, non pas à Internet, mais à nombre de ses utilisateurs : vouloir tout faire avec la même clef à molette.
Je ne vais pas ici vous commencer une liste des sites qui ont provoqué de ma part soit un simple mouvement d’humeur, soit une grosse colère, car il y en a vraiment pas mal.
Ne vous êtes vous jamais inquiété du nombre invraisemblable de sites dont la dernière mise à jour est vieille parfois de plusieurs années ?
J’ai, pour ma part, pris la peine d’envoyer à des auteurs de sites des compléments d’information importants ou des rectificatifs de fautes indiscutables. Un seul sur 7 ou 8 a tenu compte de mes remarques.
Lorsque j’écris un livre (dans le but évident de le publier), la totalité des textes est envoyé à plus d’une dizaine de personnes (des connaisseurs évidemment) qui presque toutes m’envoient remarques, critiques, corrections, compléments d’info, détails me manquant, etc …
A titre indicatif, je suis actuellement en panne dans le tome 2 de « Grands Prix de Monaco F3 » par la faute de 2 classements de manche et d’une grille de manche qui me font défaut. Dans l’état d’esprit « faiseur de site internet » j’aurais déjà tout envoyé … et roule ma poule !!!
Je suis lecteur de « memoiresdesstands », mais je vous avoue qu’après une journée passée sur l’ordinateur, j’ai plutôt tendance à sortir un livre, même si cela coûte cher, le plaisir des yeux n’est plus le même.
Bien amicalement à vous
Michel Delannoy

Vendredi 10 mars 2006. Jours tranquilles à Nîmes-City

Ce matin j’ai rédigé une dizaine de pages du livre de Bernard Boyer. Puis j’ai commencé à réparer mon vélo … Je ne mécanique pas vite. Cet après-midi j’ai réparé l’éclairage du jardin … C’est plus facile. Le temps est gris et doux. Je n’ai pas trop de courage pour me remettre à l’écriture, bref un vrai jour mou.
Si vous l’avez dans votre bibliothèque, je vous conseille de ressortir « La course continue » de Paul Frère. C’est en tous cas le livre que je me suis préparé pour la soirée lorsque j’aurai allumé le feu de bois. Autre alternative : ressortez « A la recherche de l’oasis oubliée », de Fenouil, selon votre humeur vous y trouverez une bien belle histoire d’amour ou un roman d’aventure et de trahison machiavélique … en tous cas, ce sacré Fenouil commence à me donner envie d’aller voir les grandes dunes d’Egypte … Je n’y avais jamais pensé auparavant.

Jeudi 9 mars 2006. De Christophe Lavieille (Motorsmania à Pau)

- "Que devient la chronique de Michel ? Pour une fois qu’on se marrait (enfin, peut-être pas tout le monde …)"

- Tu vois Christophe, je suis de retour … Pour combien de temps ? ? ? ?
Michel

Jeudi 9 mars. Rallye des Routes du Nord.

Hier, le courrier m’a apporté un petit livre d’aspect modeste qui a, dans un premier temps, eu le don de m’énerver très fort : Je venais de ma faire couper l’herbe sous le pied, quelqu’un avait réalisé le livre que je mijotais (trop mollement je dois le reconnaître) depuis plusieurs années. L’ami Bruno Sailly m’avait bien prévenu, mais bercé par la promesse de fourniture de photos par un « ami » (il ne faut pas en avoir trop de ce type !) j’ai laissé passer le temps.
Gilles Guillon, journaliste-rédacteur chez Ravet-Anceau, et l’une des chevilles ouvrières de l’organisation du « Rallye des Routes du Nord Historiques a réalisé ce petit ouvrage extrêmement bien fait, clair, concis et complet. Au modeste prix de 20 euros, à ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes amateur de rallyes.
Très gentiment, Gilles m’a proposé de disposer des documents et photos, forts nombreuses qu’il n’a pas utilisées, afin que nous fassions, en commun un ouvrage plus complet pour l’année prochaine. On en reparlera.

Jeudi 9 mars 2006. Automobile Historique

- "Cher Michel,
until last week the web-page of AH was still existant, with the cover of the new magazine (Renault A442) 'à venir'... But today it seems that they cut off the web-page. Do you know something (positive)??

Best regards
Michael Catsch"

- Sorry Michael, I must confirm you that Automobile Historique went bankrupt. Sébastien Dulac desapeared a not very kleen way, living many debs behind him.

Le 8 mars 2006. Pour un ami perdu dans le Berry !

- "Bonjour,
lecteur très assidu de ta chronique que je faxais régulièrement à Etienne Moity qui n'a pas Internet, j'étais très déçu de ne plus la trouver. Il faut continuer les blogs et continuer à pousser des coups de gueule qui ont le mérite d'exister. j'attends!
Cordialement
Le coups de gueule contre Internet ne prendrait-il pas ses racines envers Ebay qui propose environ 11 000 titres de revues et de livres vendus évidemment à des prix qui sont loin de ceux d'un revendeur professionnel?
Patrice VERGES Rédacteur en Chef INFO MAGAZINE 7, Place de Jaude 63000 Clermont-Ferrand patrice.verges@infomagazine.com
"

- Salut Patrice,
Bien sûr nous n’allons pas laisser tomber l’ami Etienne, sinon il va finir un jour par se pendre. Je croyais naïvement qu’Internet arrivait jusqu’au fin fond du Berry.
Il me semble qu’il faut que nous expliquions aux lecteurs qui est Etienne : j’ai fait sa connaissance au milieu des années 60 alors qu’il travaillait à « L’Automobile Magazine » où travaillait également son frère Christian. Essayeur, mais aussi grand connaisseur du sport automobile, il a, à l’époque, fait partie de mes modèles. Je n’ai pas suivi toute sa carrière et je ne l’ai retrouvé que beaucoup plus tard, rédacteur en chef d’AutoHebdo. Je suppose que ses coups de gueule, son caractère peu conciliant et sa phobie affichée des imbéciles lui ont valu quelques années de « placard » avant qu’il ne s’exile dans le Berry. Depuis, il cultive son aspect dépressif et son « rien à foutisme » à tel point que nous sommes quelques uns à lui demander -Alors ! tu ne t’es pas encore pendu ? - (rassurez-vous, cela fait plus de 10 ans que cela dure).
Deuxième point de ton courrier, Ebay n’est qu’un détail dans mes indignations concernant le contenu d’Internet. Dès qu’un livre est réellement recherché, il s’y vend au même prix que chez nous, voir même plus cher … Sans véritable garantie d’état, contrairement à ce que nous nous assumons.
Fouchtra !

Le 7 mars 2006. Un courrier de Bernard Fischer à propos des Maserati 250 F

- "Je possède toute la documentation que vous citez. La question a été posée sur plusieurs forums Internet mais sans grand succès.
Les habituels historiens ont beaucoup de mal à se mettre d'accord sur les numéros de châssis. Les couleurs posaient déjà problème avec l'équipe d'usine qui incorporait parfois les privés et peignait leur voiture en rouge pour l'épreuve en question (Moss, Rosier...). Avec la Scuderia Centro Sud, la couleur était fonction des pilotes, de leur nationalité, des organisateurs et de la météo (la légende dit que quand il pleuvait, la dernière couche partait...) et, comme dit, les journalistes ne s'intéressaient plus aux 250 F en 1958.
Il y avait beaucoup de questions sans réponse au sujet des Maserati 250 F qui ont fini leur carrière en Amérique du Sud. Les animateurs de Whitefly qui disposent des archives de Vicente Alvarez aident les historiens, qui désespéraient, à retracer l'histoire de ces voitures là bas.
J'ai dû mal m'exprimer en commentant le dernier Rétromobile. J'ai trouvé ce que je cherchais sur votre stand mais le tout était moins convivial qu'au dernier salon de Bruxelles. Je regrette l'absence à Rétromobile de cette année de plusieurs marchands de documentations et de revues anciennes, vous n'y êtes pour rien. Ce sont m'a-t-on dit les tarifs qui augmenteraient d'année en année.
Cordialement"


- Cher Maseratiste
Votre courrier me met dans un certain embarras. Expédions tout d’abord le cas de Rétromobile. C’est un salon très long, il nous tiens éloignés pendant 15 jours de nos bases et de nos familles. Les heures d’ouverture ont été humanisées, mais cela nous fait rester debout beaucoup, beaucoup d’heures, tous les jours, et pour lequel il nous faut transporter énormément de marchandises… Rien à voir avec un gentil petit salon comme Bruxelles où nous n’emmenons qu’un stock de marchandise assez restreint. Le prix des stands et tout ce qui va autour est, bien entendu, un élément non négligeable. Nous faisons un métier que nous aimons mais notre passion ne peut se permettre d’être désintéressée. Nous avons de toute façon pris la décision de participer désormais à un nombre très restreint de salons, entre autres raisons parce que c’est toujours la même clientèle qui tourne en rond en permanence.
En ce qui concerne votre recherche de numéros de châssis, n’oubliez pas que :
- Lors d’une épreuve et des essais, n’importe quel pilote pouvait sauter dans n’importe quel baquet à n’importe quel moment, et accomplir une série de tours. J’exagère à peine.
- Les douanes commencent à être de lointains souvenirs en Europe, mais, à l’époque, pour voyager, une voiture devait être munies d’un triptyque (par la suite d’un carnet ATA). Parfois elles étaient aussi immatriculées. Tous ces divers papiers étaient soumis à une joyeuse valse entre véhicules, au hasard des besoins. Bien malin qui peut garantir s’y retrouver !
- Autre détail très épineux : les marchands de voitures « historiques » semblent ne pas trop hésiter à créer de toutes pièces des histoires aux châssis qu’ils possèdent … ou qu’ils viennent de construire (reconstituer à partir du compte-tours … etc ). J’hésite à donner des noms, mais l’Amérique du Sud semble assez performante.
Bon courage tout de même !

Mercredi 8 mars 2006

Les livres en cours de réalisation :
Les ronds rouges arrivent. Jean-Marc Chaillet raconte en parallèle les courses qu’il a vécues à la fin des années 60 et le lancement de la marque ELF, opération pour laquelle il fut à la fois le bras droit et « l’âme damnée » de François Guiter. Une saga fascinante. Sortie prévue pour la fin mars ou le début avril.
Mes courses. Par André Pisart. Ce livre déroutant pour le pur historien a été écrit par André Pisart en 1945. Publié, dans une qualité très médiocre, en 1946 il n’a été que très peu diffusé. C’est l’ambiance qui se dégage de ce livre, témoignage de la vie d’une époque, qui m’avait fasciné. En même temps que coureur, Pisart avait été un commerçant, pas toujours avisé, mais généralement lucide et visionnaire, nous faisant vivre le krach de l’automobile européenne des années 30. Ayant une la chance de pouvoir obtenir, par sa fille Marie, la plupart des photos d’époque, je ne pouvais laisser passer une telle occasion de vous faire partager mon plaisir.
Instants choisis. Le Mans 1949-1959. Par Christian Moity. Il est peut-être encore prématuré d’annoncer ce livre pour lequel nous n’avons actuellement pris qu’un accord de principe avec l’auteur. Mais avec le succès du Instant choisis Le Mans 1980-1989 de Jean Marc Tessèdre, je ne peux résister à ce plaisir.
Sports et Prototypes Porsche au Mans 1972-1981. Suite du livre publié en 2005 par François Hurel (Sport & prototypes Porsche au Mans 1966-1971) est quasiment terminée et va passer en mise en page dans le courant du mois de mars.
À suivre demain


Le 6 mars 06 à 13:07, René CULLAFFROZ a écrit :
- "Bonjour,
C'est avec une grande tristesse que je remarque que le lien pour votre rubrique a disparu, vous nous aviez habitué à des rubriques (trop rare) d'excellente qualité...
Alors pourquoi supprimer ces rubriques??
Salutations
"

- Cher ami,
Vous êtes nombreux à me faire ce genre de reproche … en fait je ne savais pas que vous étiez aussi nombreux à me lire ...
Je ne dis pas que je ne continuerai pas, mais, bien que j'ai pris ma retraite depuis le premier janvier, les journées ne se sont pas allongées et j'ai quantité de travaux en cours ... dont ceux qui concernent mon jardin ... affaire à suivre.
Amicalement à vous
Michel Delannoy

Mercredi 7 mars 2006

Hé oui ! Déjà de retour ! J’ai décidé de rouvrir mon exutoire favori.
Coluche (dont je pense vous avoir déjà dit que je suis un admirateur inconditionnel) disait à propos des « milieux autorisés » - Oui ! on peut s’autoriser à penser que, si, comme on peut le supposer, les choses sont ce qu’elles sont, on peut croire que … - - Et sa conclusion était – Quand on n’en sait pas plus que ça, on ferme sa gueule -.
J’ai donc pris comme philosophie de renoncer à demander à qui que ce soit des informations que je peux aller chercher moi-même, à travers les souvenirs, les courriers, les magazines, les journaux, les films, les livres et … Internet.
Internet, voilà bien mon motif de colère actuel… Je vous dois une explication …
Depuis maintenant 2 mois, j’ai pris ma retraite, ce qui ne m’empêche pas de continuer à avoir une activité et des projets. Alors j’accumule la documentation sur les sujets dont j’espère faire des livres un jour (liste plus loin). Pas trop de problèmes en ce qui concerne journaux et magazines, quelques problèmes assez étranges en ce qui concerne les livres (on en reparlera si vous en exprimez le désir), mais le pompon, ce qui me met dans des colères que je maîtrise parfois difficilement, c’est Internet. Chaque recherche me fait « découvrir » des kilos « d’informations » déjà vues et revues, publiées et réécrites (avec parfois en prime des erreurs de recopiage), des abîmes béants d’omissions. À quoi bon créer des sites et des pages sur des sujets sur lesquels on a à peine pris le temps de se documenter superficiellement … Comble du comble, ces lieux communs, ces âneries, ces oublis impardonnables deviendront bientôt des documents de référence que de « jeunes auteurs bien intentionnés » n’hésiteront pas à reprendre dans des livres … La boucle est bouclée. Bravo Internet, faites gaffe les gars !
Dernière chose, ceux qui ont envie que je continue ce blogue ont intérêt à me tenir au courant de leurs réactions et de leurs pensées s’ils veulent que je continue.
Amicalement à vous
Michel Delannoy